Soeur Marie Simon-Pierre: «Quand je me suis levée, vers quatre heures et demie du matin, j'étais guérie»

MIRACLE Cette religieuse française raconte comment sa maladie de Parkinson a disparu grâce à Jean-Paul II...

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Soeur Marie Simon-Pierre, lors d'une conférence de presse à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), le 17 janvier 2011.
Soeur Marie Simon-Pierre, lors d'une conférence de presse à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), le 17 janvier 2011. — AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Jean-Paul II lui doit sa béatification. Elle affirme lui devoir sa guérison. Soeur Marie Simon-Pierre, bientôt 50 ans, a raconté lundi à la presse comment elle avait miraculeusement recouvré la santé après avoir prié pendant plusieurs jours pour le défunt pape.

Cette religieuse française souffrait de la maladie de Parkinson depuis 2001. Quatre ans plus tard, à la mort du souverain pontife, elle a «l'impression de perdre un ami». Ses «Petites soeurs» se mettent alors à adresser des prières à Jean-Paul II pendant neuf jours. Malgré tout, les symptômes persistent et le 2 juin, elle annonce à sa supérieure son intention d'arrêter son travail de surveillante dans une maternité de Puyricard, près d'Aix-en-Provence. 

Son médecin n’en revient pas

Le soir, cependant, Soeur Marie ressent une envie d'écrire et y parvient. Dans la nuit, le miracle survient: «Quand je me suis levée, vers quatre heures et demie du matin, j'étais guérie.» «A mon réveil, j'ai bien senti que je n'étais plus la même. Il n'y avait plus cette raideur des muscles, je pouvais me mouvoir normalement. Pour moi, c'est une nouvelle naissance, c'est ma seconde naissance», a-t-elle ajouté.

Son médecin n'en revient pas non plus: «Le 7 juin 2005, j'avais une consultation avec mon neurologue et en me voyant arriver, il m'a demandé si j'avais doublé ma dose de dopamine. Je lui ai dit: “Non, j'ai tout arrêté”.»

Enquête du Vatican

Le Vatican s’est aussitôt penché sur cette affaire. L'enquête a conduit à l'audition d'une quinzaine de témoins, à la constitution d'un dossier médical agrémenté d'examens complémentaires et à la création d'une commission médicale d'experts. Résultat: aucune explication médicale n’a pu être avancée.

«La guérison de la petite soeur a placé les médecins devant un fait étonnant, voire dérangeant», a reconnu le père Luc Marie Lalanne, chargé par l'évêque diocésain d'instruire le dossier entre le 17 mars 2006 et le 23 mars 2007. Les actes de l'enquête ont été déposés à la Congrégation pour les causes des saints au Vatican le 2 avril 2007.

Bien que des doutes aient surgi l'an passé sur la validité du miracle, le Vatican en finalement attribué la paternité à Jean-Paul II, qui était lui-même atteint de la maladie de Parkinson. Prélude à sa béatification le 1er mai prochain, le décret de reconnaissance du miracle a été pris vendredi par son successeur Benoît XVI.

«Au bout du tunnel, il y a toujours une petite lumière»

«Pour moi, cette béatification est une profonde action de grâce et une très grande reconnaissance à Jean-Paul II pour tout ce qu'il a fait lors de son pontificat et dans toute sa vie», a déclaré la religieuse miraculée, qui a émis le souhait d'être présente à la cérémonie.
 
«Depuis ma guérison, il y a eu beaucoup de demandes de prières qui nous sont parvenues de beaucoup de pays, a-t-elle souligné. A tous ces malades, je voudrais dire qu'il ne faut pas baisser les bras. Au bout du tunnel, il y a toujours une petite lumière.»

 

«Anti-Star»
Pour le porte-parole de la Conférence des évêques de France, «soeur Marie Simon-Pierre, c'est l'anti-star». «Elle a reçu quelque chose de plus grand qu'elle, elle n'en fait pas sa propriété mais elle le partage», a indiqué Mgr Bernard Podvin. «C'est une femme ordinaire, aujourd'hui mondialement connue, qui a conservé une immense humilité.»