Un médecin échappe à une sanction de ses pairs après avoir séduit la mère d'une patiente

FAIT DIVERS Le mari trompé estimait que le praticien avait rompu le serment d'Hippocrate en «corrompant les moeurs»...

Corentin Chauvel avec Reuters

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Le serment d'Hippocrate peut-il être invoqué pour sanctionner un médecin qui a séduit la mère d’une patiente? Non, a estimé ce lundi le Conseil de l'ordre des médecins de Lorraine qui avait été saisi par le mari trompé, Pierre Lang, également député-maire UMP de Freyming-Merlebach (Moselle).

Le premier magistrat de cette ancienne cité minière accuse un stomatologue, Bernard Daclin, d'avoir violé ses obligations en séduisant son épouse, selon l'avocat du médecin, Stanislas Louvel. «Elle était venue le voir pour leur fille, qui souffrait de problèmes dentaires. A la fin des consultations, au mois de février (2009), ils étaient devenus amis. Trois mois plus tard, l’épouse a rappelé le docteur Daclin, un passionné de jazz manouche, parce qu’elle cherchait un orchestre tsigane susceptible de venir jouer au mariage de sa fille», raconte-t-il au Parisien ce lundi.

La romance entre les deux amants dure près d’un an avant que Pierre Lang ne mette la main sur le téléphone portable de son épouse et y découvre «des dizaines de SMS au ton grivois», selon le quotidien. «Il a recueilli environ 200 textos, qu’il a ensuite transmis à un huissier de justice», précise Stanislas Louvel.

Divorce engagé et Conseil de l’ordre saisi

Le maire demande alors immédiatement le divorce et saisit le Conseil de l’ordre, invoquant un passage du serment d'Hippocrate par lequel tout médecin s'engage à ne pas «corrompre les mœurs». Plus explicite, le serment originel, attribué au médecin grec de l'Antiquité, engageait les praticiens à se préserver de «la séduction des femmes et des garçons». Et Bernard Daclin aurait une réputation de séducteur d’après Pierre Lang, son avocate parlant de «garçonnerie» lorsqu’elle désigne son cabinet médical.

«C’est faux: sa seule liaison, c’est celle qu’il entretient avec l’épouse du maire, et c’est bel et bien une histoire d’amour», défend Stanislas Louvel. D’après lui, le mari trompé s'est tourné vers l'instance ordinale, faute d'avoir «trouvé une juridiction pouvant accueillir ses doléances», et celle-ci a considéré que la romance s’était bien déroulée hors du cadre médical. «Le docteur Daclin est parfaitement satisfait que ses pairs aient retenu son argumentation sur le fait qu'il s'agissait d'une affaire d'ordre purement privé», a commenté l’avocat.