Emma, l'«appât» du gang des barbares: une séductrice au «corps souillé»

PORTRAIT Qui est la jeune femme qui a séduit le directeur de sa prison et un surveillant après avoir attiré Ilan Halimi dans ses filets?...

Julien Ménielle

— 

«Elle est dans une guerre avec les hommes et le seul moyen de gagner c'est son corps.» Ainsi est décrite Emma, l’«appât» du gang des barbares, par la journaliste Elsa Vigoureux, auteure d’un livre sur le groupe. Depuis, celle qui se fait aussi appeler Yalda a séduit le directeur de la prison de Versailles et un de ses geôliers.

«C’est une manipulatrice. Elle a une forte poitrine et des cheveux noirs. Elle passait la matinée à se pomponner et elle jouait de ses charmes aussi bien avec les hommes que les femmes de la maison d’arrêt», raconte un témoin cité par Le Parisien.

«Elle considère son corps souillé»

«Je fais des caprices quand je suis avec un garçon […] Je les fais marcher […] j’aime avoir le pouvoir sur eux», avouait-elle de son côté au cours de l’enquête sur la mort d’Ilan Halimi. A l’époque, âgée de 17 ans à peine, elle avait déjà été recrutée pour séduire le jeune homme, et l’attirer dans les filets du gang des barbares.

«Elle considère son corps souillé et elle continue de le saper», explique Elsa Vigoureux. Emma, en effet, affirme avoir subi plusieurs viols. A 8 ans, d’abord, par un oncle en Iran, pays qu’elle a quitté avec sa mère et sa soeur lourdement handicapée.

Viol collectif

Fuyant un homme violent, auquel elle est unie par un mariage arrangée, sa mère installe sa famille à Aulnay-sous-Bois. Emma a 11 ou 12 ans. Deux ans plus tard, la jeune fille de 14 ans porte plainte pour un viol collectif. A la demande de sa mère, la jeune fille retire cependant sa plainte contre les 3 garçons qu’elle accuse.

Emma tente peu après de mettre fin à ses jours. Elle a fait depuis au moins quatre autres tentatives de suicide, selon Le Monde, dont la dernière en août 2010. Dépassée par les soins que nécessite sa fille aînée, la mère d’Emma la fait placer en centre éducatif. Quelques mois avant d’être incarcérée dans l’affaire Halimi, la jeune femme alertera une éducatrice, lui montrant les photos qu’un photographe a fait d’elle, dans des poses suggestives.

Avortement

En prison, Emma doit subir un avortement. Ses demandes de remises en liberté rejetées, la séductrice a trouvé le moyen de rendre son quotidien moins pénible en usant de ses charmes auprès du directeur de l’établissement, qui dit en être tombé amoureux, et aussi d’un surveillant.

Mais à l’approche de son procès en appel, Emma a été transférée en octobre dernier à la prison de Fresnes. Fin des privilèges. Condamnée en décembre dernier par la Cour d’appel de Paris à neuf ans de réclusion, elle aurait pu faire une demande de libération conditionnelle. Désormais poursuivie pour recel, elle peut faire une croix dessus.