Elles enfilent des perles pour joindre les deux bouts

ÉCONOMIE Faire des bijoux en perles, c'est une passion obsédante», alors pour arrondir les fins de mois, autant les vendre...

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Photo d'illustration: perles et bijoux fantaisies.
Photo d'illustration: perles et bijoux fantaisies. — CHAMUSSY/SIPA

Comment joindre l'utile à l'agréable. Elles sont salariées mais peinent à joindre les deux bouts, alors elles cèdent à leur passion d'enfiler des perles et vendent, souvent sur internet, leurs créations de bijoux fantaisie. Certaines ajoutent ainsi jusqu'à 300 euros supplémentaires à leurs revenus mensuels.

«Faire des bijoux en perles, c'est une passion obsédante. Le soir, après le boulot et le week-end quand j'ai une commande, j'enfile des perles sans compter mes heures car c'est un bon moyen de se détendre mais aussi d'arrondir mes fins de mois», raconte Maria L., salariée dans la presse, qui préfère rester discrète.

Cristal de Bohême et pierres de rocaille

«Au début, j'ai réalisé des bijoux pour moi. Très vite mes amies m'en ont commandés et depuis j'en vends régulièrement», poursuit-elle. «Faire des bijoux, c'est toutefois beaucoup de travail car je peux mettre jusqu'à une semaine pour réaliser un collier techniquement compliqué». Elle fait des bagues, des bracelets, des colliers, des bijoux de sac et des broches, en perles de verre, de cristal de Bohême et en pierres de rocaille, qu'elle vend grâce «au bouche-à-oreille» à partir de 20 euros et jusqu'à 60 euros, soit le double du prix de revient.

«Les bons mois, mes bijoux peuvent me rapporter 300 euros qui vont directement dans ma poche», se réjouit la créatrice, pour qui «un nouveau modèle représente un nouveau défi». Selon les créatrices amateurs, le boum d'internet est à l'origine du développement des loisirs créatifs. Il existe une noria de blogueuses de perles qui mettent en vente une partie de leurs créations.

Un «loisir qu'elle a développé de fil en aiguille»

Salariée dans une entreprise, Jeannine Goetz, qui propose à la vente certaines de ses créations sur son site «Perles Précieuses», avoue «se faire un petit plus financier grâce à son loisir qu'elle a développé de fil en aiguille». Dans son catalogue, ses bagues sont mises en vente au prix de 5 à 36 euros pour les plus belles, en cristal de Swarowski. Ses pendentifs sont proposés autour de 15 euros, ses bracelets à 35 euros et ses colliers à moins de 100 euros.

Egalement sur le net, Françoise Deprés, alias Framboise Sauvage, explique «qu'elle a développé sa passion pour la création de bijoux grâce au forum HDPS (histoire de perles)». Sur son blog, elle présente ses nombreuses créations, surtout des bracelets et des colliers. «Au début, j'en ai beaucoup vendu mais on est de plus en plus nombreuses sur le marché et ça devient plus difficile», dit-elle.

«Elle vend peu de bijoux car elle a du mal à s'en défaire»

De son côté, Sophie Baumont, a fait de sa passion une activité parallèle. En 2010, elle a obtenu le statut d'autoentrepreneur et lancera au printemps sa collection de bijoux, «Rosepiquante». «J'ai travaillé avec une amie styliste pour réaliser ma collection de sautoirs, "l'amour dans tous ses états", où chaque pièce correspond à une phase de l'état amoureux», relate la jeune femme, qui commercialisera ses bijoux au prix de 100 euros maximum chez les détaillants et sur la Toile.

Quant à Rubis.63 qui ne travaille pas actuellement, «elle vend peu de bijoux car elle a du mal à s'en défaire». De plus, certaines de ses pièces qui contiennent du plaqué or valent plus de 140 euros. D'un point de vue juridique, les femmes qui vendent les produits de leurs activités de loisir sont dans la légalité. «Si une personne, parallèlement à un travail, fait des bijoux à ses heures perdues et les week-ends, les revenus de cette activité de loisir sont considérés comme ceux des brocantes et n'ont pas à être déclarés», affirme Joëlle Delcroix, avocate à Paris.