Redoine Faïd, un ex-braqueur «repenti» est recherché par la police

PORTRAIT Cet homme originaire de Creil, dans l'Oise, serait lié à la fusillade de Villiers-sur-Marne...

Catherine Fournier
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L'ancien braqueur Redoine Faïd sur le plateau  de LCI le 22 novembre 2010.
L'ancien braqueur Redoine Faïd sur le plateau de LCI le 22 novembre 2010. — IBO/SIPA

«Le crime ne paie pas.» Cette phrase, Redoine Faïd l’a répétée à l’envi lors de la sortie de son livre en octobre 2010, Braqueur, des cités au grand banditisme (Editions Manufacture de livres). Aujourd’hui, cet homme de 37 ans est activement recherché par la police dans l’enquête sur la fusillade de Villiers-sur-Marne qui a coûté la vie à Aurélie Fouquet, une jeune policière municipale, le 20 mai 2010.
 
Selon Le Parisien, cet «ancien» caïd originaire de Creil (Oise) manquait à l’appel lors de l’interpellation de 27 personnes mardi, soupçonnées d’avoir des liens avec l’équipe de braqueurs recherchée par la brigade criminelle et de la répression du banditisme (BRB) de la préfecture de police de Paris. Ce matin (mardi), quand les enquêteurs se sont présentés à son domicile de Courbevoie (Hauts-de-Seine), il n’était plus là», confie une source proche de l’enquête au quotidien.

«Trop cher payé»

Redoine a-t-il de nouveau mis les voiles? La cavale, pourtant, il affirmait s’en être lassé. Tout comme de la prison. L’homme, qui porte beau, avait été arrêté fin 1998 après une cavale de trois ans en Israël puis en Suisse. Condamné à trente et un an de prison au total pour plusieurs braquages - la BNP de Creil en 1995, avec prise d’otage, une société informatique d'Evry en 1996, un fourgon blindé à Villepinte en 1997 -, il a bénéficié d’une libération conditionnelle début 2009.
 
A sa sortie, il a co-écrit un livre avec Jérôme Pierrat, journaliste spécialisé dans le grand banditisme, dans lequel il raconte son expérience. Et ses regrets: «La prison, tu la fais dans la douleur. Il y a beaucoup de jeunes, des dingues, et très peu de vrais truands. C'est trop cher payé», confiait-il au Point en octobre dernier.
 
Un voeu pieu? Reconverti comme commercial, l’ex-«star» du nouveau banditisme des cités – qui a supplanté celui du milieu corso-marseillais – serait recherché pour ses liens supposés avec les membres du commando de Villiers-sur-Marne, et notamment avec un certain Olivier Tracoulat, également originaire de Creil, et suspect numéro 1 dans cette affaire. Selon TF1news.fr, les enquêteurs le soupçonnent d'«association de malfaiteurs» en étant intervenu en support de l'équipe qui a monté le braquage du fourgo.

Fan de «Heat»

Jusqu’à présent, celui que l’on surnomme «l’aristocrate des braqueurs» pouvait se targuer de n’avoir jamais versé de sang lors de ses forfaits. Son code d’honneur? «Le respect de la vie humaine.» L’homme est un grand fan du film Heat, de Michael Mann. «Je l'ai revu sept fois au cinéma, une centaine de fois en DVD afin de disséquer la scène du braquage du fourgon qui m'a servi pour ma première attaque de convoyeurs», expliquait-il encore au Point. Il a même eu l’honneur de rencontrer le réalisateur dernièrement.

Dans la vraie vie, Redoine Faïd est désormais rattrapé par une affaire où le sang a cette fois-ci coulé, dans une scène d’une extrême violence. «La stratégie des policiers est peut-être de citer son nom dans les médias afin de le faire sortir de son trou et d’obtenir des informations sur ses anciennes relations», explique à 20minutes.fr un ancien membre de la police judiciaire. «Peut-être qu’il viendra rétablir la vérité» sur son compte, pronostique-t-il. Rien n’est moins sûr.  

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