Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France.
Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France. — AFP PHOTO/FRED TANNEAU

SANTE

Le laboratoire Servier admet (enfin) un «vrai risque» du Mediator

Mardi, son fondateur Jacques Servier avait estimé que le médicament n'avait fait que trois morts...

Le Mediator «a pu présenter un vrai risque pour certains patients», reconnaît une dirigeante du laboratoire Servier, son fabricant, dans une interview au Journal du dimanche. Lucy Vincent, directrice générale du laboratoire, y déclare que «la mort de trois personnes, c'est déjà trop».

Etudes contestées

Une allusion aux propos de Jacques Servier, le fondateur du labo, qui avait estimé mardi que le Mediator n'avait fait que trois morts et que le chiffre de 500 avancé par des études relevait du «marketing».

Lucy Vincent continue cependant de contester les études ayant conclu au décès de 500 à 2.000 personnes. «Les calculs à l'origine de ces chiffres alarmants ont été réalisés à partir d'une population qui avait pris du Mediator, sans tenir compte apparemment des autres pathologies dont pouvaient souffrir ces patients», dit-elle au JDD.

«La simple constatation d'une valvulopathie ne permet pas de l'imputer systématiquement à un traitement médicamenteux», ajoute la responsable.

Le dossier du Mediator provoque un débat en France sur l'influence des laboratoires pharmaceutiques sur les décisions de santé publique. A cela s'ajoute une dimension politique, Nicolas Sarkozy ayant conseillé Jacques Servier lorsqu'il était avocat d'affaires.