Bordeaux: Les magistrats rassurés sur le traitement de l'affaire Bettencourt

JUSTICE Une assemblée générale a eu lieu...

Avec Reuters
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Le tribunal de grande instance de Bordeaux a hérité de l'affaire Woerth-Bettencourt le 17 novembre 2010.
Le tribunal de grande instance de Bordeaux a hérité de l'affaire Woerth-Bettencourt le 17 novembre 2010. — S. Pouzet/20 minutes

Le travail va pouvoir commencer sereinement dans l’affaire Bettencourt à Bordeaux. Les magistrats du tribunal de la ville se sont déclarés ce vendredi rassurés par leur hiérarchie sur le traitement des enquêtes, dans lequel ils craignaient des manoeuvres.

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Trois juges d'instruction, Jean-Michel Gentil, Cécile Ramonatxo et Valérie Noël, ont été désignés pour conduire l'information judiciaire principale, ouverte notamment pour «trafic d'influence et financement illégal de parti politique».

Nanterre dessaisi

La juridiction de Bordeaux a été choisie le 17 novembre dernier par la Cour de cassation pour traiter les dossiers liés à l'héritière de L'Oréal, qui sont politiquement sensibles. Le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine), où une querelle de magistrats semait la confusion, a été dessaisi.

Les deux principaux syndicats de magistrats, l'USM et le Syndicat de la magistrature (SM), craignaient que le choix des juges d'instruction bordelais qui reprendront les enquêtes, annoncé à la mi-décembre, ait été biaisé, selon une source syndicale.

Craintes dissipées

Ils estimaient que les juges spécialisés dans les affaires économiques et financières avaient été tenus à l'écart, de même que les juges qui sont syndiqués.

Les syndicats ont donc obtenu la tenue vendredi d'une assemblée générale à laquelle ont participé plus d'une cinquantaine de magistrats du tribunal de Bordeaux pour évoquer leurs craintes, qui ont visiblement été dissipées.

L'affaire menace potentiellement l'Elysée

«Il y avait une ou deux interrogations. Il a été clairement répondu à nos questions par le président du tribunal et le procureur de la République», a indiqué  Olivier Le Blay, délégué régional adjoint de l'Union syndicale des magistrats (USM) à Reuters.

L'affaire menace potentiellement l'Elysée, puisque les juges devront notamment traiter les affirmations de l'ex-comptable de l'héritière, qui affirme que Patrice de Maistre a remis 150.000 euros en espèces à Eric Woerth pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Enquêtes dans l’enquête
Bordeaux devra traiter aussi les deux autres volets de l'affaire. Deux  juges, Philippe Darphin et Emmanuel Planque, enquêteront pour «violation  du secret professionnel» sur la magistrate de Nanterre Isabelle  Prévost-Desprez, accusée d'avoir informé la presse d'une perquisition  chez Liliane Bettencourt. Une présidente de chambre  correctionnelle, Marie-Elisabeth Bancal, traitera par ailleurs la  procédure pour «abus de faiblesse» engagée par Françoise Meyers, fille  de Liliane Bettencourt, contre plusieurs protagonistes de  l'affaire, dont le photographe François-Marie Banier. Ces poursuites  devraient, a priori, tourner court à la suite de deux accords à  l'amiable annoncés à la fin 2010 par les Bettencourt, entre la  mère et la fille d'une part, et entre la fille et François-Marie Banier  d'autre part, qui a renoncé à plusieurs centaines de millions d'euros de  dons.