Voeux aux autorités religieuses: Sarkozy en «rempart» de la «République juste et protectrice»

RELIGION Chacun doit pouvoir prier dans des lieux «dignes», a-t-il insisté...

M.P.

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Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux partenaires sociaux à l'Elysée, à Paris, le 6 janvier 2011.
Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux partenaires sociaux à l'Elysée, à Paris, le 6 janvier 2011. — REUTERS/Charles Platiau

Nicolas Sarkozy a reçu ce vendredi matin à l’Elysée les autorités religieuses pour leur présenter ses vœux. Le contexte est chargé, entre les attaques contre les Coptes et les polémiques sur les prières de rues des musulmans. Le chef de l’Etat en a profité pour définir à nouveau la laïcité à la française. «Une République laïque assure à chaque culte et à chaque fidèle la sécurité nécessaire», a dit Nicolas Sarkozy. «Chacun doit pouvoir prier en paix et en sécurité» car «la prière n’offense pas, n’agresse personne». Mais, a-t-il rappelé, «chacun doit avoir le droit de ne pas prier», c’est cela la liberté de culte.

La religion n’imposera pas sa loi à l’Etat

«Les auteurs d’actes dégradants seront recherchés, jugés et punis», a encore assuré le chef de l’Etat. «Que la liberté de culte soit menacée et c’est l’édifice républicain» qui s’effondre, a-t-il assuré. «Personne ne s’y attaquera sans trouver face à lui l’Etat», a-t-il ajouté, décidément très protecteur au moment où des coptes, qui fêtent Noël ce vendredi, ont reçu des menaces de morts.

Et les fidèles doivent pouvoir prier et se retrouver dans des «lieux dignes», a-t-il insisté, en échos cette fois, à la polémique déclenchée par Marine Le Pen sur les prières de rues des musulmans. Toutefois, «la République ne peut accepter que la religion investisse l’espace public» sans son autorisation. «La République ne laissera aucune religion lui imposer sa loi», a-t-il insisté. «De cette République juste et protectrice, je dois être le garant, le rempart», a promis le chef de l’Etat, qui n’a pas manqué de revenir sur la «gravité de la situation internationale et la menace qu’elle semble faire peser sur nos concitoyens». «Nous ne pouvons pas admettre (...) et donc faciliter ce qui ressemble de plus en plus à un plan particulièrement pervers d'épuration du Moyen-Orient, d'épuration religieuse», a affirmé le chef de l'Etat en faisant notamment allusion aux chrétiens d'Orient, dont les Coptes.