15e anniversaire de la mort de Mitterrand: Le rendez-vous de Jarnac

PS Ce week-end, les socialistes commémorent le 15e anniversaire de la mort de François Mitterrand...

Matthieu Goar

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François Mitterrand, Ségolène Royal, Elisabeth Guigou et Bernard Kouchner (de g. à dr.), le 4 mai 1993 à Nevers.
François Mitterrand, Ségolène Royal, Elisabeth Guigou et Bernard Kouchner (de g. à dr.), le 4 mai 1993 à Nevers. — ASLAN / CHESNOT / JOB / SIPA

Tous à Jarnac. Samedi, les TGV en direction d'Angoulême vont faire le plein. Pour le 15e anniversaire de la mort de François Mitterrand, la famille socialiste va investir la petite ville, lieu de naissance et de sépulture de l'ancien président. Au programme, dépôt de gerbes, discours de Ségolène Royal, présidente de la région, intervention de Martine Aubry, chef du parti, et grand déjeuner qui va réunir plus de 450 convives.

Un héritage, des héritiers

Pas d'ortolans au menu, mais qu'importe… En cette année de primaires, la figure de François Mitterrand planera sur la journée. Et sur tout le reste de l'année. «Martine Aubry était à l'étranger il y a un an. Mais cette année est symbolique», confie un proche de la première secrétaire. Après les 15 ans de la mort, les socialistes commémoreront en mai les 30 ans de l'élection de Mitterrand, une date charnière dans l'histoire du PS. Rue de Solférino, on a d'ailleurs déjà créé une cellule chargée de réfléchir à une fête le 10 mai.

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Avec ces deux anniversaires et dans un contexte de concurrence interne aiguë, l'héritage de Mitterrand risque donc de revenir hanter les discours des ténors socialistes. Particulièrement ceux des candidats aux primaires. «C'est à la fois un référent idéologique, mais aussi stratégique. Il est celui qui a réussi à mobiliser son camp, puis à élargir son électorat pour conquérir le pouvoir», analyse Rémi Lefebvre, politologue spécialiste du PS. Une analyse qui prend une dimension particulière à dix-sept mois de la présidentielle. Fini le devoir d'inventaire du tournant des années 2000, de Montebourg (présent samedi) à Hollande (excusé), les ténors ont dorénavant tous en eux quelque chose de Mitterrand. «Finalement, il n'a pas eu un héritier officiel. Fabius, Royal, Aubry ou encore Mélenchon peuvent prendre une facette du personnage et s'en revendiquer», conclut Rémi Lefebvre. A ce petit jeu, c'est Ségolène Royal la plus constante. «L'héritage de Mitterrand appartient à tout le monde», conclut un membre de l'entourage de Martine Aubry.