Inondations en Guadeloupe: «la météo s'est complètement plantée»

INTEMPERIES Des personnes sur place témoignent pour 20minutes.fr...

Corentin Chauvel

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H.CLAUDEON / 20minutes.fr

Les pluies diluviennes qui se sont abattues depuis deux jours sur la Guadeloupe et ont provoqué la mort de cinq personnes ont particulièrement marqué les habitants de l’île, «pas habitués» à ce type d’événement climatique «très exceptionnel» en cette saison. En général, la saison des pluies se déroule de juin à octobre.

«Il a plu sans interruption pendant deux jours et deux nuits, ce n’est pas souvent comme ça», raconte à 20minutes.fr Patricia Braflan-Trobo, sociologue et habitante de Sainte-Rose (nord-ouest de Pointe-à-Pitre). Si les Guadeloupéens connaissent régulièrement de «grosses averses, d’une à deux heures», elle avait rarement vu de telles pluies.

>> Les prévisions météorologiques pour la Guadeloupe sont à retrouver par ici

Malgré les inondations, «les gens peuvent aller travailler, mais pour rentrer chez soi, c’est difficile», poursuit Patricia Braflan-Trobo qui a été témoin de scènes où des personnes ne pouvaient plus avancer à cause «des sols gorgés d’eau». «Moi, j’ai pu m’en échapper en passant par d’autres routes», ajoute-t-elle.

A Saint-François, dans l'est, Jérémy Edouard, directeur d'antenne radio à Martinique Première, ex-RFO, en vacances en Guadeloupe, raconte à 20minutes.fr que «les touristes ne pouvaient pas quitter l'hôtel» et que les préparatifs pour accueillir Nicolas Sarkozy ce week-end ont été mis à mal.

«On ne peut incriminer ni Météo-France ni les autorités»

Pour autant, pour Patricia Braflan-Trobo, «on ne peut incriminer ni Météo-France ni les autorités». «C’était prévu, on était suffisamment prévenu et les Guadeloupéens sont sensibles à la météo, on écoute beaucoup la radio», explique Patricia Braflan-Trobo qui déplore plutôt l’aménagement du territoire, «mal pensé».

Ce n'est pas l'avis de Jérémy Edouard qui estime que «la météo s'est complètement plantée»: «Les alertes n'ont pas été déclenchées au bon moment». Même critique pour la Direction départementale de l'équipement (DDE): «C'était la panique, ils n'ont pas été fichus de communiquer sur l'état des routes et les gens, pris de court, ont commis des imprudences». 

«Ici, c'est du micro-climat, tout le monde sait qu'il peut y avoir d'importantes chutes d'eau»

Pour Pawel Reklewski, photographe et relaxologue à Goyave (sud-ouest de Pointe-à-Pitre), il n'est pourtant pas si facile de prévoir de tels événement climatiques, surtout en Guadeloupe. «Ici, c'est du micro-climat, tout le monde sait qu'il peut y avoir d'importantes chutes d'eau, il n'y a pas de surprise», précise-t-il à 20minutes. Si son logement n'est pas sujet aux inondations parce qu'il vit en montagne, Pawel Reklewski craint néanmoins des glissements de terrain, préjudiciables notamment pour les maisons construites sur des terrains inapropriés. 

Ainsi, face à ce genre d’événement climatique, «personne n’y peut rien, c’est comme la neige et on s’est beaucoup moqué de la France à ce sujet», souligne Patricia Braflan-Trobo. Ce mercredi, le climat s’est amélioré, «il y a un peu de soleil», indique-t-elle, mais certains établissement scolaires demeurent fermés.

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