Fabienne Boulin souhaite une réouverture du dossier sur la mort de son père

Avec Reuters
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La fille de Robert Boulin, ministre du président Valéry Giscard d'Estaing dont la mort en 1979 est un des dossiers judiciaires les plus mystérieux de la Ve République, entend relancer l'enquête par deux procédures, a annoncé mercredi son avocat, Me Olivier Morice.

Fabienne Boulin, qui dit croire à un assassinat, a saisi d'abord la Cour européenne des droits de l'homme en fin d'année dernière pour faire condamner la France en raison d'un premier refus de réouverture d'enquête décidé par le procureur général de Paris en juin dernier. Selon lui, les éléments présentés par la fille de Robert Boulin ne constituaient pas «des charges nouvelles, mais des demandes de réorientation d'enquête dans un sens différent». Mais le délai pour une décision de la Cour de Strasbourg peut être de plusieurs années.

Pièces à conviction retrouvées

Fabienne Boulin devrait également saisir prochainement ce même magistrat d'une nouvelle demande de réouverture du dossier, car des pièces à conviction initialement égarées ont finalement été retrouvées en juillet, a expliqué Olivier Morice.

«Nous souhaitons que soient réalisées des expertises ADN et que le procureur général formule une demande de levée du secret-défense, dans la mesure où, contrairement à ce qu'il a dit, il a le pouvoir de le faire», a dit l'avocat à Reuters.

L'enquête avait conclu au suicide

Ancien résistant et figure de la majorité d'alors, Robert Boulin avait été retrouvé noyé dans une faible profondeur d'eau dans un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979. Il avait absorbé une très forte quantité de barbituriques. L'enquête initiale, menée en l'absence de plainte de la famille, avait conclu au suicide. Une information judiciaire menée entre 1983 et 1992 a abouti au même résultat, confirmé en appel. La justice a estimé que le ministre avait cédé à un accès de désespoir en raison de sa possible mise en cause dans un scandale immobilier à Ramatuelle (Var).

Huit lettres postées le 29 octobre 1979 expliquant son geste furent adressées à la police, à des avocats, à des médias et à différentes personnalités. Ce sont ces lettres qui ont été retrouvées dans les archives en juillet. Fabienne Boulin veut les faire expertiser car à ses yeux il s'agit d'une fabrication.