Retard Strasbourg-Port Bou: La SNCF reconnaît que le train n'aurait pas dû partir

TRANSPORTS L'entreprise met aussi en cause un mouvement de grève à Dijon...

Enora Ollivier

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Un conducteur de train SNCF jugé pour "homicide involontaire" après la mort en 2003 d'un passager traîné sur le quai de la gare de Chelles (Seine-et-Marne), son vêtement coincé dans des portes du train, a été relaxé lundi par le tribunal correctionnel de Meaux.
Un conducteur de train SNCF jugé pour "homicide involontaire" après la mort en 2003 d'un passager traîné sur le quai de la gare de Chelles (Seine-et-Marne), son vêtement coincé dans des portes du train, a été relaxé lundi par le tribunal correctionnel de Meaux. — Joël Saget AFP/Archives

Après le retard record enregistré par le train reliant Strasbourg à Port-Bou le 27 décembre dernier, la SNCF a remis un rapport lundi à Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie et des Transports, et l’a rendu public ce mardi matin.

Dans le document, consultable en ligne [pdf], l’entreprise reconnait qu’il «aurait été préférable de ne pas faire partir ce train de Strasbourg ce soir-là» et que «la volonté de bien faire, c’est-à-dire d’acheminer coûte que coûte en dépit (des) conditions difficiles, les 600 voyageurs, a conduit la SNCF à prendre des risques excessifs de qualité.» Voilà pour le mea culpa.

«Un raté de planification»

En ce qui concerne les causes de ce retard, la SNCF met d’abord en avant «la grève de l’ensemble des personnels de manœuvre à Dijon lors des week-end de Noël et du 1er janvier».
Ce mouvement a obligé à reporter des manœuvres à bord de la rame initialement prévues à Dijon dans la gare de Lyon Part Dieu, «déjà saturée». Le train, déjà arrivé avec 8 heures de retard à Strasbourg la veille, «a été mis à quai le plus rapidement possible, mais cela s’est traduit néanmoins par une heure de retard sur l’horaire prévu et un nettoyage et un ravitaillement insuffisants», décrit le rapport.

Selon la SNCF, «l’erreur majeure», à savoir «un raté de planification du changement de conducteur à Belfort», qui a obligé le train à rester à quai pendant 7 heures dans la nuit de dimanche à lundi, est elle aussi une conséquence de la grève à Dijon. Le centre opérationnel de permanence, chargé de programmer un conducteur ne l’a pas fait en raison «d’une fin de journée extraordinairement difficile avec de très nombreux aléas à gérer».

Mais quand le centre se rend compte de l’erreur, le lundi à minuit à Belfort, la «situation est difficilement rattrapable» et l’appel aux équipes les plus proches ne permet pas de trouver un  remplaçant en temps et en heure. Un conducteur part finalement de Lyon à 2h50 et arrive à Belfort à 5h45.

Une table ronde avec les syndicats

La SNCF certifie avoir assuré une prise en charge efficace des passagers. Les deux contrôleurs à bord du train «ont été en service continu pendant 22 heures» et les équipes d’escales «ont été renforcées pour accueillir les clients, leur offrir une boisson, quelques mots de réconfort et répondre à leurs besoins éventuels.» Quant à la nourriture, « les passagers se sont vus proposer entre deux et trois collations».

Pour éviter à l’avenir ce genre de problème, la SNCF envisage «un dispositif de renforcement des équipes opérationnelles lors d’intempéries ou de perturbations longue durée», un réexamen de «l’organisation des roulements de conducteurs et de locomotives» ainsi que de nouvelles dispositions pour «évaluer plus rapidement la gravité des situations». Enfin, la direction souhaite organiser une table ronde avec les syndicats pour discuter des «préavis de grève qui sont systématiquement déposés chaque année (…) lors des fêtes de fin d’année».