Devenir mère est toujours un frein à la carrière professionnelle pour les jeunes femmes, contrairement à leurs compagnons, qui pâtissent beaucoup moins de leur paternité, selon une étude du Centre d'étude et de recherche sur les qualifications (Céreq) publiée vendredi.
Devenir mère est toujours un frein à la carrière professionnelle pour les jeunes femmes, contrairement à leurs compagnons, qui pâtissent beaucoup moins de leur paternité, selon une étude du Centre d'étude et de recherche sur les qualifications (Céreq) publiée vendredi. — Didier Pallages AFP/Archives

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Accouchements: des naissances pas si naturelles

Les jeunes mères trouvent souvent les procédures d'accouchement trop standardisées...

Il y a comme un malaise dans le monde du prénatal. Pour un nombre grandissant de jeunes mères, la grossesse et l’accouchement s’accompagnent d’un sentiment désagréable: celui d’être oubliée par l’appareil médical. C’est subir une césarienne malgré soi. Ne pas être suivie par la même sagefemme. Ne pas choisir sa position lors de l’accouchement. Ces femmes sortent de la maternité avec un bébé en bonne santé, elles en sont conscientes, mais elles se disent que cette naissance n’avait rien d’intime.

Selon un sondage exclusif, réalisé pour le magazine Parents à paraître le 6 janvier* et dévoilé par 20 Minutes, 49,1% des jeunes mères considèrent que leur prise en charge à l’hôpital était standardisée, et pas réellement adaptée à leurs besoins et à leurs envies. Plus significatif encore : dans le cas d’une nouvelle grossesse, 25 % des mères souhaiteraient accoucher ailleurs que dans une maternité classique.

Etre actrice de leur accouchement

Elles préféreraient, par exemple, une salle-nature au sein d’un hôpital: un lieu plus naturel, où l’on peut accoucher dans une baignoire, sur des coussins, ou sur un lit classique. «Ces mères veulent être des actrices de l’accouchement, note Emmanuelle Chantepie, du magazine Parents. C’est une tendance plutôt urbaine, un peu bobo, de retour au naturel. Cela va avec le refus de la péridurale.»

C’est également une réaction à l’hôpital d’aujourd’hui. «On y a oublié l’humain, regrette Frédérique Teurnier, la présidente du Collège national des sages-femmes. On regroupe les centres, on fait de grosses maternités. Le personnel non plus n’y trouve pas son compte.» S’y ajoute un conflit larvé entre les gynécologues-obstétriciens et les sages-femmes. «Pour beaucoup de gynécos, l’accouchement n’est qu’un acte médical, juge Frédérique Teurnier. Mais la grossesse n’est pas une maladie. L’accompagnement de la mère doit y avoir sa place.»

* Sondage Parents/Instituts des mamans, réalisé sur 300 mères d’enfants de 0 à 1 an, entre le 12 et le 15 novembre 2010.