Suppressions de postes à la rentrée 2011: «Supprimer une classe ne réduit pas la qualité de service»

EDUCATION Le ministère réagit à la publication des chiffres par académie...

Catherine Fournier

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Les évaluations nationales en français et en mathématiques, mises en place par le gouvernement, ont mis en évidence en CM2 entre 35% à 45% de très bons élèves et 7% à 15% en très grande difficulté qui doivent bénéficier de l'aide personnalisée, selon les chiffres publiés lundi.
Les évaluations nationales en français et en mathématiques, mises en place par le gouvernement, ont mis en évidence en CM2 entre 35% à 45% de très bons élèves et 7% à 15% en très grande difficulté qui doivent bénéficier de l'aide personnalisée, selon les chiffres publiés lundi. — Martin Bureau AFP/Archives

La rentrée s’annonce tendue. Alors que le détail des suppressions de postes prévues dans l’éducation pour l’année scolaire 2011-2012 vient d’être révélé, une journée de mobilisation est d’ores et déjà programmée le 22 janvier. Rue de Grenelle, on tente de désamorcer le conflit en assurant que ces 16.000 postes supprimés ne nuiront pas à la qualité de service de l’enseignement en France.

«Depuis 1990, on compte 650.000 élèves de moins et 40.000 enseignants de plus», explique à 20minutes.fr Josette Théophile, la responsable des ressources humaines de l’Education nationale. Selon les calculs du ministère, fait cette fois-ci à partir du travail des recteurs d’académie sur le terrain, 5.600 enseignants seraient ainsi en surnombre dans le premier degré et ne sont pas devant les élèves.

Mauvaise anticipation par rapport aux départs à la retraite

«Le nombre de postes recrutés au concours est toujours fait deux ans à l’avance, en fonction des hypothèses de départs à la retraite. Depuis 2007, ces derniers ont été surévalués, il faut donc réajuster», précise Josette Théophile.

Reste que sur les 8.967 postes supprimés dans le primaire, 3.367 correspondent à enseignants qui eux sont devant une classe. Réponse du ministère: «Chaque académie a actionné un des quinze leviers étudiés pour optimiser les effectifs, qu’il s’agisse du remplacement, du nombre d’élèves par classe ou de la démographie.» Des leviers qui avaient créé la polémique en mai 2010.

Sur le remplacement, par exemple, «le taux d’utilisation des enseignants titulaires en zone de remplacement n’est que de 70%, puisqu’il n’y a pas toujours des profs absents», souligne Josette Théophile. Une des solutions est donc de limiter leur nombre à un seuil incompressible et d’augmenter celui des vacataires et contractuels, qui eux, n’ont que le niveau licence.

Une académie, une histoire

Quant aux disparités du nombre de suppressions de postes par académie, elle serait liée à «l’histoire» de chacune d’entre elle. Les académies de Lille et de Metz-Nancy arrivent ainsi en tête (en valeur absolue) du nombre de postes voués à disparaître dans le premier degré et dans le secondaire, c’est Versailles qui prend la tête du classement. Là encore, il s’agit d’un réajustement argue-t-on rue de Grenelle. «Parfois le nombre de postes est augmenté par rapport aux prévisions d’effectifs et puis les élèves ne sont pas au rendez-vous», détaille Josette Théophile, évoquant des «académies sous-dotées et sur-dotées». Et de marteler que «supprimer une classe ne réduit pas la qualité de service» et «n’augmente pas la charge de travail d’un enseignant».

Le ministère tient enfin à rappeler que 50% des économies réalisées sont redistribuées, comme cela a été le cas dernièrement pour revaloriser de 10% la rémunération des enseignants-stagiaires. Pas sûr que l’argument suffise à convaincre les syndicats.