Colère à Roissy: «C'est nul. L'organisation, c'est zéro! Il n'y a aucune information»

REPORTAGE Des voyageurs redoutent de fêter Noël à Roissy...

© 2010 AFP

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Des voyageurs tentent de dormir à Roissy en attendant un avion le 24 décembre 2010.
Des voyageurs tentent de dormir à Roissy en attendant un avion le 24 décembre 2010. — AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

Roissy, entre chien et loup, ça a quelque chose de féérique et pourtant, ils crient leur colère ou sont résignés. Des passagers, parmi les quelque 2.000 à avoir dormi à Roissy-Charles-de-Gaulle désorganisé par la neige et le gel, redoutent de passer leur réveillon de Noël à l'aéroport. Assise sur une banquette du terminal 2F, sa valise et son matelas de camping à ses côtés, Gloria Llorente attend de savoir quand elle pourra embarquer dans un vol.

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«C'est nul. L'organisation, c'est zéro! Il n'y a aucune information. Ce sont les passagers qui ont dû me traduire des renseignements qui ne sont diffusés qu'en français», déplore cette Espagnole de 58 ans arrivée jeudi à 12h de l'Ile Maurice et qui espère rejoindre Madrid dans la soirée. La vague de neige et de froid sur le nord de la France a entraîné l'annulation de 400 vols sur les 1.160 prévus vendredi à Roissy, un des trois plus importants aéroports européens.

Au comptoir d'enregistrement, Zoé Stéphanou range ses affaires et se prépare à prendre l'interminable file d'attente. «Je n'ai plus la force d'être en colère tellement je suis fatiguée. Cela fait deux fois que mon vol pour Milan est annulé. Je ne comprends pas, le premier a été annulé alors qu'il n'y avait pas de neige», relève cette Française de 45 ans, qui, comme quelque 2.000 compagnons d'infortune, a dû passer la nuit dans le terminal.

«Je vais pouvoir partir, c'est déjà ça»

Au guichet d'Air France, la queue de près de 200 mètres ne se réduit pas pas. Thibault, un voyageur français, patiente depuis plus de deux heures. «J'ai appris quand je suis arrivé à 6h30 que mon vol pour Munich était annulé. Il y a de fortes chances que je ne puisse pas partir, mais je tente quand même le coup», dit-il, dubitatif.

Ann, une touriste allemande de 37 ans, estime avoir eu «de la chance». Après deux heures de queue, elle a obtenu un billet pour un autre vol vers Hanovre, où elle doit passer Noël avec son père. «Je vais arriver en Allemagne en fin de journée alors que mon avion aurait dû atterrir dans la matinée. Mais ce n'est pas grave. Je vais pouvoir partir, c'est déjà ça», relativise-t-elle.

«Tout le monde se renvoie la balle»

Dans la nuit de jeudi à vendredi, plusieurs centaines de personnes ont dormi dans le terminal 2F. Certains dans des lits de camps déployés par des agents de la sécurité civile, d'autres sur de fins matelas à même le sol près des comptoirs d'enregistrement ou des toilettes pour trouver un semblant d'intimité. Certains étaient même adossés à un arbre de Noël dressé dans le terminal. Vendredi à l'aube, Zakaria Talhaoui cherchait un médecin pour sa femme Malika enceinte de six mois et demi et qui se plaignait de maux de ventre.

«Nous sommes là depuis jeudi matin. On nous a dit que nous étions sur liste d'attente et que nous pourrons peut-être prendre un vol mais sans nous donner d'horaire précis. C'est inadmissible!», a dénoncé cet habitant de Seine-Saint-Denis qui doit se rendre avec Air France à Casablanca, au Maroc, pour le mariage de son frère. «Tout le monde se renvoie la balle, la compagnie, la direction de l'aéroport. On nous a fait marcher toute la journée dans l'aérogare sans prendre en considération le fait que je suis enceinte», protestait Malika, les larmes aux yeux.