Haïti: un premier groupe de Français de retour avec leurs enfants adoptés

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H.RETAMAL / AFP

Des parents français devaient atterrir ce mercredi matin à Roissy, accueillis par la ministre de Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. Ils sont arrivés mardi soir en Haïti à bord d'un avion affrété par le ministère des Affaires étrangères pour venir chercher un premier groupe de 113 enfants adoptifs et les ramener en France, après un peu moins d'un an d'attente. L'ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, était présent à l'aéroport pour accueillir ce premier groupe de 105 parents -un seul par famille- venus chercher les enfants, certains accueillant des fratries.

«Je me mets à la place de ces familles et je dis: quel soulagement. Car elles ont attendu depuis un an après le séisme et certaines n'y croyaient plus», a-t-il déclaré à l'AFP, évoquant «le séisme, les troubles politiques, les intempéries et le choléra». «Je trouve qu'ils ont été patients et respectueux de l'Etat haïtien», a ajouté l'ambassadeur.

«C'était dur l'attente, mais on est fiers de pouvoir les ramener et on espère que leur vie sera réussie»

Rui Pereira, venu chercher son fils de 6 ans, Woodson, confirme avoir souffert au cours de ces longs mois d'attente. «C'était dur l'attente, mais on est fiers de pouvoir les ramener et on espère que leur vie sera réussie. On leur donnera plein d'amour», a-t-il déclaré à l'AFP. A ses côtés, M. Fouquet se réjouit également de pouvoir repartir avec ses enfants Jabel et Marie-Jabel, des petits jumeaux de quatre ans.

Les enfants et leurs familles ont été conduits sur le site de la résidence de l'ambassade de France à Port-au-Prince, où des tentes avaient été érigées. Les enfants doivent être examinés par des médecins, en particulier en raison de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 2.500 morts dans l'île. Une équipe médicale se trouvait à bord de l'avion. Ils devaient repartir dès mardi soir pour la France, selon les responsables français. Un autre vol doit effectuer une rotation au départ de la capitale française jeudi. Ces vols vont permettre d'«aller récupérer 300 enfants», a dit mardi la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie à l'Assemblée nationale.

Des procédures d'adoption interrompues le 12 janvier

Jean-Paul Monceau, fonctionnaire du ministère accompagnant les familles, a rappelé à l'AFP que la France était «le premier pays d'adoption en Haïti, parce qu'il y a des liens très forts entre les deux pays, l'histoire et la langue». Mais les procédures d'adoption avaient été interrompues le 12 janvier par le séisme qui a fait plus de 250.000 victimes, les jugements et pièces administratives ayant disparu sous les décombres.

Michèle Alliot-Marie a rappelé qu'à son initiative un «échange de lettres» entre les gouvernements français et haïtien avait permis «de finaliser, y compris en France dans certains cas, la procédure d'adoption de ces enfants». Selon elle, «il reste 27 enfants pour lesquels la procédure n'est pas suffisamment avancée pour correspondre à l'accord».

«Je suis un peu déboussolée parce que cela tombe brutalement»

Après de longs mois d'attente, les choses se sont donc un peu précipitées pour Nadia Boulkessof, maman adoptante de Rose-Dania, deux ans. «Je suis un peu déboussolée parce que cela tombe brutalement, on n'a pas eu le temps de se préparer, c'est pour cela que je suis chez Ikea, pour préparer la chambre», a-t-elle raconté à l'AFP quelques heures avant le départ. «Je n'avais rien préparé, la dernière fois que j'ai acheté un jouet, c'était en décembre 2009 et avec le séisme qui a ravagé tous nos espoirs, et ceux des Haïtiens, par superstition, je n'ai plus rien acheté», a-t-elle poursuivi.

Le collectif de parents a bataillé pendant des mois pour faire venir les enfants au plus vite. Sur le millier de bambins en cours d'adoption par des Français au moment du séisme, environ 700 ont déjà rejoint l'Hexagone. D'après les parents, qui ont critiqué la gestion du dossier par Bernard Kouchner, les choses se sont débloquées avec l'arrivée au Quai d'Orsay de Michèle Alliot-Marie, à la mi-novembre.