Emmaüs: évacuation des demandeurs d'asile afghans qui occupaient le siège parisien

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Une trentaine de demandeurs d'asile afghans qui occupaient depuis lundi le siège parisien d'Emmaüs, ont été évacués vers 7H00 mardi, à la demande de l'association, a t-on appris auprès de la Préfecture de police de Paris.

Ces demandeurs d'asiles, soutenus par l'association Awara, avaient investi le siège d'Emmaüs situé dans le premier arrondissement de Paris à 12H00 (11H00 GMT) lundi, a précisé Emmaüs dans un communiqué. Leur évacuation était demandée par la direction de l'association et dénoncée par le syndicat CGT-Emmaüs.

«On s'est résolus à contrecoeur à demander l'évacuation, car nos locaux ne sont pas prévus pour cela, à cause des salariés, et afin qu'on puisse travailler correctement aujourd'hui», a expliqué à l'AFP Michel Castellan, administrateur et trésorier de l'association Emmaüs. Les demandeurs d'asile ont été emmenés au commissariat du Ier arrondissement à Paris pour des vérifications d'identité, et en sont ressortis vers 9H00, de sources concordantes.

«Nous sommes cependant à 120% avec eux sur le fond de leur demande», qui est d'obtenir des places d'hébergement pérennes pour l'hiver, a ajouté Michel Castellan, assurant que ces Afghans pourraient administrativement être admis dans des Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asiles. Selon Michel Castellan, la préfecture leur a proposé «lundi après-midi une quarantaine de places, juste pour la nuit suivante», qu'ils ont refusées parce qu'elles n'étaient «pas pérennes» et «les dispersaient».

«Chacun choisit ses pauvres», a déploré Latifa Abed, travailleuse sociale et déléguée syndicale de la section CGT de l'association. Selon elle, Emmaüs disposait de quelques places pérennes dans ses propres centres d'hébergement d'urgence, mais ne les a pas proposées. «Ces Afghans attendaient plus de soutien de la part d'Emmaüs, c'est une remise en cause de l'accueil inconditionnel qui a toujours été pratiqué dans le passé», a t-elle déclaré à l'AFP.

En mars 2010, un conflit social d'une semaine au sein d'Emmaüs avait opposé salariés et direction, se terminant par un accord sur les salaires et les conditions de travail.