Xavier Bertrand a ouvert les discussions sur l'emploi des jeunes

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Le ministre du Travail Xavier Bertrand a commencé lundi à consulter les acteurs sociaux sur l'emploi des jeunes, pour lequel il souhaite développer l'alternance et l'apprentissage comme voie de recrutement.

Xavier Bertrand a reçu dans l'après-midi une délégation de l'Unsa (autonome) conduite par son secrétaire général Alain Olive puis devait s'entretenir en soirée avec Bernard van Craeynest, président de la CFE-CGC, et enfin avec Laurence Parisot, présidente du Medef. Il verra mercredi le leader de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, puis, après les fêtes, les dirigeants des autres syndicats, selon le ministère du Travail.

Un objectif de 800.000 jeunes en formation

Xavier Bertrand a déclaré la semaine dernière que «l'une des meilleures voies pour qu'un jeune trouve un travail, c'est la voie de l'alternance, l'apprentissage ou le contrat de professionnalisation». Environ un jeune actif sur quatre est au chômage. Le ministre souhaite porter à «plus de 800.000» le nombre de jeunes en formation (contre 550.000 actuellement) «à horizon 2015», selon son entourage.

Un nouveau contrat d'alternance «sécurisé»

Lors de l'entretien, l'Unsa a proposé de créer «un contrat d'alternance sécurisé, qui serait un contrat de travail et donnerait plus de visibilité» à cette voie d'accès à l'emploi, selon le secrétaire national, Jean-Marie Truffat. Ce contrat devrait prévoir «un contrat d'embauche au terme de la formation initiale, si possible en contrat à durée indéterminée», a-t-il précisé. «L'objectif est de donner une sécurité à l'apprenti et à ses parents», de façon à les inciter à s'engager dans cette voie.

Cette formule concernerait «les jeunes les plus éloignés de l'emploi», titulaires d'un brevet d'étude professionnelle ou d'un certificat d'aptitude professionnelle, selon l'Unsa.

Les aides publiques aux entreprises acceptant de former des jeunes devraient par ailleurs varier selon le niveau de diplôme du jeune, de façon à établir une priorité pour les bas niveaux de qualification, a rapporté Jean-Marie Truffat. Ces aides pourraient représenter la totalité des charges sociales pour l'embauche du tout premier apprenti jamais recruté par une entreprise, propose l'Unsa. Le syndicat autonome a aussi demandé à Xavier Bertrand de «veiller à ce que l'alternance sous contrat de travail ne se développe pas au détriment de l'alternance sous statut scolaire» (brevet de technicien supérieur, baccalauréat professionnel), faute de quoi, estime-t-il, on ne résorbera pas le chômage des jeunes.