A Roissy, une longue nuit pour des passagers résignés

REPORTAGE A cause des chutes de neige, de nombreux avions n'ont pas pu décoller...

© 2010 AFP

— 

Des milliers de passagers ont entamé dimanche soir dans un calme résigné une rude nuit à l'aéroport de Roissy-Charles-De-Gaulle, perturbé par les chutes de neige du week-end, même si les vols se sont poursuivis tard pour rattraper le retard accumulé. Les autorités aéroportuaires espéraient profiter de la nette amélioration des conditions météorologiques lundi pour désengorger l'aéroport qui a fonctionné une bonne partie de la journée de dimanche à capacité réduite.

«Les passagers franciliens dont le vol a été annulé sont invités à regagner leur domicile»: une voix féminine diffuse ce message dans l'ensemble de l'aérogare alors que les files d'attente continuent de s'allonger devant les comptoirs des compagnies. L'aéroport est partagé entre des passagers résignés, dont le vol est annulé, et ceux dont le vol est toujours programmé et qui courent vers les portes d'embarquement.

«Elle est partie seule chercher un hôtel»

Dominique, la cinquantaine, devait se rendre en Inde. Elle s'apprête à passer la nuit sur place. «Je ne comprends pas! Le site internet annonçait que le vol Air India pour Delhi était maintenu à 21h30. C'est en arrivant ici que j'apprends qu'il est annulé et qu'il n'y a pas d'hôtel...» Emmitouflée dans son blouson, elle s'allonge sur des sièges encore libres. Le prochain vol est prévu pour lundi matin. Elle pense à «cette dame âgée que la compagnie n'a pas aidée. Elle est partie chercher seule un hôtel».

Un peu plus loin, les passagers patientent pour manger. Les restaurants de l'aéroport sont tous restés ouverts et affichent complet. Sur les écrans, les vols sont programmés au-delà de minuit, alors que d'ordinaire les vols commerciaux s'arrêtent à 23h30 environ. De quoi prolonger l'espoir. Mais la soirée avançant, des vacanciers cherchent «un coin pour dormir» en attendant les couvertures et les bouteilles d'eau promises par Aéroports de Paris. Des pique-nique s'organisent dans une ambiance bon enfant.

Situation «meilleure» que prévue

«On nous explique qu'Air France n'y est pour rien, que c'est la météo. Mais nous offrir une chambre ou juste nous donner les bonnes informations, c'est leur responsabilité», s'énerve toutefois Patrick, qui ne donne pas son nom. La compagnie française a réservé 3.000 chambres pour ces naufragés du ciel, un total cependant insuffisant pour ceux qui ont raté leur correspondance, qui ne partent pas malgré l'annulation de leurs vols ou qui ont été déroutés vers Charles-De-Gaulle en raison de la fermeture d'autres aéroports européens.

Les démineurs sont appelés pour un colis abandonné, les pompiers pour un malaise, des policiers pour une bagarre de SDF et le personnel d'ADP tente de renseigner au mieux les vacanciers. En fin de soirée, la sécurité civile distribue une centaine de lits de camps, couvertures et matelas de mousse à des voyageurs fourbus par cette journée d'attente. La situation était toutefois «meilleure» que celle un temps redouté, selon une source aéroportuaire. ADP s'attendait à devoir accueillir dans les aérogares 5 à 6.000 personnes. Peu après 23h, ils étaient finalement 3.000, selon cette source qui espérait que ce chiffre devait encore s'amenuiser. A 70 kilomètres plus au nord, comme la veille, d'autres voyageurs étaient également condamnés à une nuit à la dure à l'aéroport de Beauvais.