« Ce centre d'hébergement, c'est un tremplin pour moi »

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Mounir, 31 ans, habite au nouveau centre d'hébergement Emmaüs Pereire, situé dans le 17e arrondissement de Paris.
Mounir, 31 ans, habite au nouveau centre d'hébergement Emmaüs Pereire, situé dans le 17e arrondissement de Paris. — photos : A. GELEBART / 20 MINUTES

Il ouvre la porte timidement, comme s'il n'arrivait pas encore à réaliser qu'il est chez lui. Depuis juillet dernier, Mounir, 31 ans, habite au nouveau centre d'hébergement Emmaüs Pereire, situé dans le 17e arrondissement de Paris. « J'étais à la rue depuis 1999. Après le décès de ma mère, j'ai sombré. Je me suis mis à boire, j'ai perdu mon boulot et ma chambre de bonne », confie-t-il. « J'ai fait tous les foyers, tous les centres d'urgence de Paris. Mais au bout d'un moment, je n'ai même plus appelé le 115, je dormais dans la rue. Et je faisais la manche pour survivre ». Jusqu'au jour où un rayon de lumière éclaire enfin sa route. Emmaüs lui propose une chambre dans ce centre d'hébergement flambant neuf.
Mounir cohabite désormais avec un autre résidant et partage sa salle de bains avec trois autres personnes. Mais qu'importent ces détails, « je ne vais quand même pas me plaindre », commente-t-il. Ici, Mounir a retrouvé des rituels qui lui étaient interdits dans la rue, comme prendre un petit-déjeuner tous les matins. Il a aussi réappris à vivre en société : « Le matin, on s'organise avec les autres résidants pour prendre notre douche à des moments différents. On fait aussi le ménage, chacun à notre tour », précise-t-il. Et en cas de coup de blues, le jeune homme a toujours quelqu'un à qui parler, que ce soit un travailleur social du centre ou un autre résidant. Il peut aussi profiter d'une laverie, d'une bibliothèque, d'un cyberespace. Déchargé de l'angoisse d'avoir à chercher un toit pour s'abriter, il peut aussi se concentrer sur l'avenir. « Actuellement, je me forme dans une entreprise d'événementiels. J'aurais bientôt un vrai boulot et un salaire et je pourrais quitter le centre pour enfin prendre un appartement. » Un rêve qu'il sait accessible, même s'il devra redoubler d'efforts pour le concrétiser. « Mais j'y crois. Ce centre d'hébergement est un tremplin pour moi », conclut-il en souriant.D. b.