Et si le repas de Noël était bon pour la santé?

NUTRITION Huîtres, foie gras, saumon fumé, homard mayonnaise, chapon passés au crible des nutritionnistes...

© 2010 AFP

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Huîtres, foie gras, saumon fumé, homard mayonnaise, chapon : le festin de Noël, en dépit de ses sucres et de ses graisses, peut aussi être bon pour la santé, selon des nutritionnistes interrogés par l'AFP.

«Prendre du plaisir, c'est bon pour la santé»

Le soir de Noël, «pas question de penser vitamine et cholestérol», dit le Pr Patrick Tounian, responsable de l'unité de nutrition pédiatrique de l'hôpital Trousseau. Pour lui, «il faut se lâcher» parce que «prendre du plaisir, c'est bon pour la santé». Et d'ailleurs, ajoute-t-il, «pour la grande majorité des individus, il n'y a aucun risque».

Il cite ceux qui suivent des régimes amaigrissants, qui perdront - peut-être - rapidement les kilos gagnés, ceux qui souffrent d'hypercholestérolémie, qui «ne risquent pas l'infarctus» pour s'être fait plaisir. Avec, bien sûr, un gros bémol pour les diabétiques ou hypertendus en phase aiguë et les allergiques, à qui il reste impossible de «se lâcher».

Moins catégorique, Frédéric Courtois, diététicien-nutritionniste et docteur en nutrition, pense, lui, vitamine et oméga 3, et estime qu'«on peut à la fois se faire plaisir et faire du bien à son corps».

"Bon" et "mauvais" gras

Pour ceux qui veulent être rassurés avant de se laisser aller, quelques recommandations :

- L'apéritif : vive les petits légumes en trempettes avec des fromages frais ou en verrines, vive les noix, noisettes ou amandes (non salées) qui contiennent des acides gras polyinsaturés (AGPI) et notamment des omega 3 (noix).

- Les huîtres : riches en fer, magnésium (un oligo-élément qui nous manque), calcium, vitamines et protéines. Elles sont très peu grasses et pauvres en calories.

- Le saumon fumé : c'est un poisson gras mais pas trop (10%), avec beaucoup d'acides gras mono ou poly-insaturés (surtout des oméga 3) et plusieurs vitamines, dont la vitamine D qui fixe le calcium. Les blinis qui vont avec sont moins recommandables.

- Crabe, homard et autres : ils sont très peu gras, riches en protéines. Idem pour la coquille saint-Jacques. Et la mayonnaise qui les accompagne ? «Une occasion de manger du bon gras», si on la fait avec de l'huile de noix (oméga 3), de colza (oméga 3) ou d'olive (polyphénols, donc antioxydants), dit le Dr Courtois.

- Foie gras : Certes, il fournit 512 calories pour 100 grammes (mais on en mange rarement autant). Et dans ses 50% de lipides, il y a plus d'acides gras monoinsaturés (cardioprotecteurs) que de mauvaises graisses saturées (30% contre 20%). Il contient deux fois moins de sel que d'autres charcuteries, et de la vitamine D (deux fois plus que le foie ordinaire mais moins que le saumon, surtout frais).

- Gibier et volaille : peu gras, sauf l'oie (mauvaises graisses saturées). Le chapon (10-15% de graisse) est, comme la poule, juste un peu plus gras que le vulgaire poulet. Le problème, c'est la farce, mais si elle est faite par le boucher à partir de mélanges de viande (et non de saucisse), pas de problème.

- Châtaignes : assez riches en calories mais moins que les pommes de terre, elles contiennent des vitamines B et C, des sels minéraux, des fibres. Une mine de glucides complexes qui donnent une impression de satiété.

- Bûche de Noël au chocolat, bûches glacées : pas beaucoup d'intérêt nutritionnel, avec leurs graisses saturées et leur abondance de sucre. Les vertus dont a été paré le chocolat (effets anti-oxydants et sur la pression sanguine) sont même contestées. On peut compenser une partie des effets néfastes par une bonne salade de fruits.

- Le champagne : «aucun intérêt nutritionnel», tranche le Dr Courtois, pour qui les bienfaits des polyphénols, en quantité négligeable, ne font pas le poids face aux impacts négatifs de l'alcool (maladies cardio-vasculaires, cancers). Mais c'est Noël ! Il transige : «A consommer avec modération».

Et vous, qu'avez-vous prévu comme repas? Comptez-vous vous lâcher ou rester raisonnable?