Inceste: Pas de renvoi aux assises pour viols pour le fils Villiers

JUSTICE Guillaume de Villiers était mis en accusation par son frère cadet...

Corentin Chauvel avec Reuters

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LEHMANN BRIAN / SIPA

La chambre de l'instruction de Versailles a infirmé ce vendredi une ordonnance de renvoi devant une cour d'assises Guillaume de Villiers, fils du député européen Philippe de Villiers, accusé de viols en 1995 et 1996 sur son frère cadet, Laurent, a indiqué à 20minutes.fr l'avocat de ce dernier, Jean-Marc Fedida.

«Mon client est anéanti», a-t-il réagi, précisant qu'il ne connaissait pas les raisons de ce non-renvoi et qu'il attendrait de les connaître avant de prendre une décision sur la suite de la procédure. Laurent de Villiers, qui vit aux Etats-Unis, avait prévenu sur Europe 1: si la justice décide de ne pas juger son dossier, il n’aura pas d’autres choix que de changer de nom de famille.

 

«Je pense avoir été doublement victime»

Caresses et jeux sexuels initiatiques

La procédure fait suite à une plainte du fils cadet du président du conseil général de Vendée, faisant état de crimes qui auraient été commis au domicile familial par l'aîné de la fratrie qui compte au total sept enfants. Les faits ont commencé au début des années 1990 avec des caresses et des «jeux sexuels initiatiques», suivies de fellations et sodomies vers 1995-1996, initiés par Guillaume de Villiers, raconte Laurent de Villiers dans Libération ce mardi.

Le cadet a alors à peine une dizaine d’années, son frère aîné huit ans de plus. Laurent de Villiers quitte le domicile familial en 1997, mettant fin à ces actes, qu’il confie trois ans plus tard à sa mère. Celle-ci est au courant et lui demande simplement de pardonner son frère et de se «purifier». «Cela arrive dans toutes les familles», a-t-elle ajouté.

En septembre 2006, Guillaume de Villiers écrit à son frère, confessant qu’il s’agissait de «fautes graves» de sa part, mais que lui-même avait également subi «les gestes d’un garçon» et qu’il s’est lui-même pardonné de ses actes, indique Libération. Cela n’empêche pas Laurent de Villiers de porter plainte contre son frère un mois plus tard.

Une «manipulation politique ignominieuse»

Philippe de Villiers, qui a toujours voulu rester en dehors de cette histoire, avait alors dénoncé une «manipulation politique ignominieuse». Le dirigeant souverainiste voyait dans la procédure un montage politique destiné à l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle de 2012.

Sa famille acceptant de reconnaître «son statut de victime», Laurent de Villiers avait dans un premier temps retiré ses accusations, expliquant qu'il souhaitait une réconciliation familiale. Mais il est finalement revenu sur cette rétractation en février 2008 et a réaffirmé ses accusations, expliquant qu'il avait agi sous pression de ses parents.