Procès en appel du gang des barbares: le verdict est attendu ce vendredi

JUSTICE Les débats ont eu lieu à huis clos durant deux mois...

© 2010 AFP

— 

B.PEYRUCQ / AFP

Au terme de près de deux mois de débats à huis clos, la Cour d'assises des mineurs du Val-de-Marne rend ce vendredi  en fin d'après-midi son verdict au procès en appel du gang des barbares où sont notamment rejugés les ravisseurs et geôliers d'Ilan Halimi, jeune Juif tué en 2006 par Youssouf Fofana.

Lors du premier procès à Paris en 2009, les 17 accusés jugés en appel avaient été condamnés à des peines allant de 8 mois à 18 ans de prison. Un acquittement avait également été prononcé. Depuis le 25 octobre, ils comparaissent à Créteil pour leur participation à des degrés divers à une série de projets d'enlèvements planifiés par Youssouf Fofana. Un seul est jugé avec la circonstance aggravante de l'antisémitisme.

Youssouf Fofana n'a pas fait appel

Au total, 10 des 17 accusés sont poursuivis pour avoir participé directement au rapt ou à la séquestration d'Ilan Halimi, 23 ans, enlevé début 2006 et retenu pendant trois semaines dans une cité de Bagneux (Hauts-de-Seine) avant d'être assassiné, à l'insu de ses complices, par le seul Youssouf Fofana.

Pour ce crime antisémite, Youssouf Fofana a été condamné en 2009 à la perpétuité. Ayant renoncé à faire appel, il était absent du box à Créteil. Deux ravisseurs n'ont jamais été identifiés. Dans son réquisitoire, l'avocat général a réclamé l'aggravation des peines pour huit des 17 accusés et une réduction pour cinq autres, demandant au total des condamnations de un à 20 ans de prison ferme ainsi qu'un acquittement.

La question de l'antisémitisme en débat

La question de l'antisémitisme supposé des accusés n'a cessé de revenir dans les débats. Selon Me Francis Szpiner, avocat de la famille Halimi, l'ensemble des accusés baignaient dans «un climat d'antisémitisme» qui «fédérait» en partie le groupe. A l'inverse, la défense a martelé que les accusés, jeunes et désoeuvrés, n'ont agi que par appât du gain et respect de la loi de la cité.

Une autre bataille a occupé le prétoire. Dénonçant un procès «politique», des avocats de la défense voulaient entendre comme témoin Michèle Alliot-Marie qui, en 2009 alors qu'elle était Garde des sceaux, avait réclamé un appel du premier verdict, jugé trop clément par la famille Halimi et des associations juives. Après s'être dit prête à se rendre à Créteil, la ministre, passée depuis au Quai d'Orsay, a fait volte-face. Ses réserves ont finalement été entendues par la Cour qui s'est opposée à son audition.