Affaire de Villiers: Pas de renvoi aux assises pour viols

JUSTICE Guillaume de Villiers était mis en accusation par son frère cadet...

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La chambre de l'instruction de Versailles a décidé ce vendredi de ne pas renvoyer  devant une cour d'assises Guillaume de Villiers, fils du député européen Philippe de Villiers, accusé de viols sur son frère cadet, Laurent, a indiqué à 20minutes.fr l'avocat de ce dernier, Jean-Marc Fedida. «Mon client est anéanti», a-t-il réagi, précisant qu'il ne connaissait pas les raisons de ce non-renvoi et qu'il attendrait de les connaître avant de prendre une décision sur la suite de la procédure. Laurent de Villiers, qui vit aux Etats-Unis, avait prévenu sur Europe 1: «si la justice décide de ne pas juger son dossier, il n’aura pas d’autres choix que de changer de nom de famille».

«Tout ce que nous demandons, c'est un procès»

«Tout ce que nous demandons, c'est un procès», a déclaré à l'AFP Me Jean-Marc Fédida, l'avocat de Laurent de Villiers, en rappelant que «si la chambre de l'instruction décide qu'un procès d'assises aura lieu, Guillaume de Villiers reste présumé innocent» jusqu'à une éventuelle condamnation.

Une ordonnance de mise en accusation pour des viols présumés entre janvier 1995 et décembre 1996, renvoyant Guillaume de Villiers devant la cour d'assises des mineurs des Yvelines, avait été rendue en mai par un juge d'instruction de Versailles. Mais Guillaume de Villiers, ainsi que le parquet de Versailles qui avait précédemment requis un non-lieu dans cette affaire, avaient interjeté appel de cette ordonnance.

Une «situation étrange» en cas de renvoi aux assises

L'avocat de Guillaume de Villiers, Me Alexandre Varaut, a demandé à la chambre de l'instruction que soit rendu un arrêt de non-lieu. «Le procureur général a également requis un arrêt de non-lieu, ce qui est extrêmement rare», a-t-il estimé. «Si le renvoi aux assises était prononcé, nous nous retrouverions dans une situation étrange où l'avocat général ne soutiendrait pas l'accusation», a-t-il ajouté.

Laurent de Villiers, fils cadet du président du Mouvement pour la France, avait déposé plainte en 2006 contre son frère aîné, aujourd'hui âgé de 32 ans. Guillaume de Villiers avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

«Le débat porte sur l'existence des crimes»

En juin 2007, Laurent, 26 ans, avait adressé une lettre au juge d'instruction dans laquelle il ne «souhaitait pas donner suite à la plainte déposée par ses soins contre son frère», disant faire «le choix d'une réconciliation familiale». Quelques mois plus tard, un nouveau juge d'instruction étant chargé du dossier avait souhaité connaître les raisons de ce désistement.

Le jeune homme avait alors décidé de revenir sur le contenu de sa lettre et avait réitéré ses accusations en novembre 2008 lors d'une confrontation avec son frère face au juge d'instruction. Consultant pour le développement international des entreprises, marié et père de trois enfants, Guillaume de Villiers a nié les faits que lui reproche son frère. «Le débat porte sur l'existence des crimes», a déclaré Me Alexandre Varaut.

Des expertises révèlent le «caractère authentique de sa parole»

De son côté, Me Jean-Marc Fedida, l'avocat du fils cadet, avait dit que son client avait subi «des expertises de crédibilité réalisées par deux experts concluant au caractère authentique de sa parole». Il existe des «éléments dont des écoutes téléphoniques et des écrits, dont certains de Guillaume de Villiers», qui corroborent son témoignage.

Philippe de Villiers a gagné jeudi son procès pour atteinte à la vie privée contre le Journal du Dimanche devant le tribunal de grande instance de Nanterre. La société éditrice de l'hebdomadaire, Hachette Filipacchi, devra payer 26.500 euros de dommages et intérêts provisionnels à Philippe de Villiers et à plusieurs de ses proches.