Les Avocats et les forces de l'ordre se gardent à vue

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Les avocats s'inquiètent du projet.
Les avocats s'inquiètent du projet. — M. LIBERT / 20 MINUTES

Obligé de satisfaire aux exigences européennes, le gouvernement s'est lancé dans un sacré casse-tête avec la réforme de la garde à vue. Magistrats, policiers et avocats, toutes les corporations du monde de la justice ont des raisons de pester… Mercredi, les députés ont retoqué en commission des lois le dispositif de l'audition libre, un régime qui permet aux enquêteurs de police d'interroger des individus, sans les mettre en garde à vue mais avec leur consentement. Les avocats se félicitent de cette suppression, les policiers non. « Cela empêchera les policiers d'apporter une réponse rapide à certains dossiers », assure le syndicat policier Alliance, qui dénonce le lobby des avocats et s'interroge sur « l'impartialité de certains élus du peuple face à un élan corporatiste ». Mais les avocats ont d'autres raisons de s'énerver. Farouches opposants à cette réforme, ils ont multiplié les actions cette semaine. Car si ce projet de loi va plutôt dans le sens de la défense (les gardes à vue se feraient dorénavant en présence d'un avocat), les syndicats dénoncent le faible montant de l'indemnisation prévue dans le cadre de l'aide juridictionnelle. « Le gouvernement propose en effet d'instaurer des forfaits de permanence sur la base d'une indemnisation évaluée entre 9 et 13 € de l'heure, alors qu'actuellement l'indemnisation est fixée à 61 € », dénonce le Syndicat des avocats de France.M. Go.