Une mission d'information parlementaire ouverte sur le Mediator

SANTE A la demande du PS...

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Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France.
Une boîte de Mediator, médicament retiré de la vente en novembre 2009 et soupçonné d'avoir causé au moins 500 morts en France. — AFP PHOTO/FRED TANNEAU

Les députés PS ont obtenu ce mardi, malgré les réticences de l'UMP et du gouvernement, la création d'une mission d'information parlementaire sur le Mediator, ce médicament pour diabétiques en surpoids prescrit aussi comme coupe-faim et qui aurait causé au moins 500 morts.

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Cette mission, qui devrait s'intituler «Le Mediator et la pharmacovigilance» et devrait débuter ses travaux à la rentrée de janvier, a été décidée lors de la réunion du bureau de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, a annoncé à l'AFP la députée PS Marisol Touraine.

«Nous réclamons juste une totale transparence»

«Nous sommes très satisfaits d'avoir obtenu gain de cause. L'UMP a tenté de bloquer notre demande et d'allumer un contre-feu en proposant une mission d'information sur les agences sanitaires, mais ça n'a pas marché...», s'est réjouie l'élue d'Indre-et-Loire.

«Nous allons pouvoir cerner les dysfonctionnements en cause, qu'ils se situent au niveau de l'entreprise ou des processus de pharmacovigilance, et de permettre des recommandations pour l'amélioration éventuelle de ceux-ci», précisait-elle récemment.

«Nous ne sommes pas la justice, nous réclamons juste une totale transparence pour l'opinion publique. Nous ne portons pas d'accusation contre quiconque, nous voulons simplement savoir», a ajouté Marisol Touraine.

Une mission analogue au Sénat

Le principe d'une mission d'information analogue a été acté le 1er décembre au Sénat, sur demande des élus communistes.

Commercialisé en France par les laboratoires Servier, le Mediator est un médicament pour diabétiques en surpoids qui a été prescrit aussi comme coupe-faim et qui, selon l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), aurait causé au moins 500 morts entre 1976 et 2009.

Il a été utilisé au total par 5 millions de personnes, dont 2,9 millions pendant plus de trois mois, avant d'être retiré du marché en novembre 2009.

Potentielle «une affaire contaminée bis»

«Cette affaire est potentiellement une affaire du sang contaminé bis!», redoute une source parlementaire UMP. «On a bien compris que certains, à l'UMP, auraient préféré qu'on s'abstienne de demander une mission d'information», explique un député PS en affirmant que le ministre de la Santé «Xavier Bertrand est à cran» sur ce sujet.

Très investi sur ce dossier, le député PS Gérard Bapt se demande «à qui la transparence fait peur». «J'ai peur que les intérêts économiques des grands laboratoires aient parfois fait prendre des risques inacceptables. En Suisse et en Espagne, il a suffi d'une suspicion pour que le produit disparaisse», déplorait-il récemment.

L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a également été chargée par le gouvernement de mener une enquête sur cette affaire. Ses résultats sont attendus mi-janvier. Selon Philippe Even, président de l'Institut Necker, cette enquête de l'Igas ne va servir qu'à "enfumer" les gens.