La société britannique actuelle serait plus à droite que sous Thatcher

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A peine 30% des Britanniques sont favorables à une augmentation des dépenses sociales pour les plus défavorisés, soit deux fois moins qu'il y a 20 ans, selon une étude interprétée lundi par la presse comme le signe d'une société plus à droite que sous Margaret Thatcher.

Cette étude annuelle intitulée «Attitudes sociales britanniques», réalisée auprès de 3.000 personnes et qui fait référence en la matière, montre un sentiment grandissant d'un creusement des inégalités au Royaume-Uni, dénoncé par 78% des sondés après 13 années de pouvoir travailliste.

«La Grande-Bretagne plus thatchérienne que dans les années 80»

Mais une des conclusions les plus frappantes, selon les auteurs, est la chute du nombre de Britanniques considérant que le gouvernement devrait dépenser plus -y compris en augmentant les impôts- pour réduire ces inégalités: ils sont actuellement 27% à se ranger dans cette catégorie contre 58% en 1991.

Les résultats de cette étude étaient largement interprétés lundi par les médias britanniques comme une bonne nouvelle pour le gouvernement, dont la manière de gérer l'austérité se trouverait ainsi globalement en phase avec l'opinion.

«Nous sommes tous désormais des enfants de Thatcher», titrait ainsi le Daily Telegraph, proche des conservateurs. Un avis partagé par le Guardian (centre-gauche), selon lequel «La Grande-Bretagne est plus thatchérienne que dans les années 1980».

Seuls 19% pensent que les banques sont bien gérées

«L'opinion publique est aujourd'hui plus proche des idées de Lady Thatcher que lorsque celle-ci était au pouvoir», entre 1979 et 1990, confirme une des auteurs de l'étude, Penny Young, citée par le Financial Times. Seul bémol important, les Britanniques sont plus attachés qu'à l'époque au maintien de services publics de qualité, notamment en matière de santé.

La coalition conservatrice/libérale-démocrate, arrivée au pouvoir en mai, a adopté un plan de rigueur sans précédent pour lutter contre un déficit record, qui doit engendrer 81 milliards de livres (92 milliards d'euros) d'économies en quatre ans, dont près de la moitié en taillant dans les budgets sociaux.

Parmi les autres conclusions de cette étude, menée sous l'égide de l'éditeur spécialisé Sage, 19% des Britanniques estiment que les banques du pays sont bien gérées - contre 90% en 1983 - après la crise financière qui a contraint l'Etat à en renflouer certaines à coups de milliards de livres.