Elisabeth Badinter signe une tribune en faveur de l'encadrement des mères-porteuses

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Une soixantaine de personnalités, dont la philosophe Elisabeth Badinter et plusieurs élus socialistes, ont signé une tribune en faveur d'un encadrement de la gestation pour autrui, mise en ligne lundi sur LeMonde.fr.

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Cette prise de position en faveur d'une légalisation «encadrée» du recours aux mères porteuses intervient à la veille d'une réunion du bureau national du Parti socialiste sur les questions de bioéthique.

Elle fait écho à une autre tribune, contre la légalisation de la gestation pour autrui cette fois, publiée le 22 novembre et signée par plusieurs personnalités socialistes, parmi lesquelles les ex-Premiers ministres Michel Rocard et Lionel Jospin et le porte-parole du PS Benoît Hamon.

«Oui, sans encadrement, la société peut dériver vers une instrumentalisation des femmes, une réification de leur corps, une marchandisation de l'enfant», reconnaît le texte mis en ligne lundi. «C'est la raison pour laquelle nous proposons de fixer le cadre qui permettra aux femmes de porter un enfant pour d'autres parents sans voir leurs droits menacés», ajoutent ses signataires.

Exclure les «relations financières»

«Pour éviter toute forme de dérive, nous proposons de ne pas autoriser les femmes sans enfants à porter un enfant pour autrui, de limiter le nombre de gestations pour autrui par femme, et de fixer une limite d'âge. (...). Nous excluons toutes relations financières entre les parents et la femme qui porte leur enfant», indique le texte.

Cette tribune, à laquelle s'est associée l'association Homosexualité et Socialisme, est signée par plusieurs élus socialistes : les sénateurs Michèle André et François Rebsamen, les députés Gérard Bapt, Jean-Michel Boucheron, Jean-Marie Le Guen, Catherine Lemorton.... L'ont également signée le couple Mennesson, qui a eu recours à une mère porteuse, la philosophe Elisabeth Badinter, les gynécologues obstétriciens Joëlle Belaisch-Allart, Israël Nisand, François Olivennes, et les psychanalystes Geneviève Delaisi de Parseval, Elisabeth Roudinesco, Serge Hefez et Serge Tisseron.

Le projet de loi de bioéthique, dont la discussion débutera le 8 février à l'Assemblée nationale, ne comporte pas de mesure sur la gestation pour autrui, interdite en France.