Prise d'otages dans une maternelle de Besançon: portrait du forcené

PORTRAIT Fragile psychologiquement, il a détenu plusieurs enfants et leur institutrice durant plusieurs heures...

Corentin Chauvel avec Reuters

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AFP PHOTO JEFF PACHOUD

La prise d’otages d’une école maternelle ce lundi matin à Besançon était vraisemblablement le dernier acte que voulait accomplir son auteur de 17 ans avant de se suicider. Armé de deux sabres, il a détenu jusqu’à une vingtaine d’enfants de 4 à 6 ans et leur institutrice durant plus de quatre heures.

Le choix de l’établissement n’est pas dû au hasard. Le jeune homme était lui-même issu de ce quartier de la Planoise, au sud-ouest de Besançon, dont il avait fréquenté le collège. Souffrant d’importants troubles psychologiques, l’adolescent n’avait pas pris son traitement ces derniers jours, d’après Jean-Louis Fousseret, le maire de la ville, qui l’a qualifié de «très fatigué» sur I-Télé.

Il n’a jamais menacé les enfants

Cependant, il ne semble n’avoir jamais fait preuve d’agressivité, ne s’adressant jamais aux élèves. «L'institutrice m'a dit qu'à aucun moment il n'a véritablement menacé les enfants, il les a même laissés sortir, aller aux toilettes», a expliqué le ministre de l’Education, Luc Chatel, arrivé sur les lieux en fin de matinée. Des propos confirmés par l'enseignante qui a indiqué sur I-Télé que le jeune homme s'était tenu «prostré» tout au long de la prise d'otages dans un coin de la salle de classe où ils étaient retranchés, le téléphone allumé, en communication permanente avec les autorités. 

«Il n’était pas connu pour être violent», a renchéri Jean-Louis Fousseret. Mais ses revendications étaient confuses. Il a simplement demandé aux policiers une arme afin de se suicider après plusieurs heures. «Depuis ce matin, il indiquait à nos correspondants qu'il voulait passer à l'acte et se suicider», a confirmé Luc Chatel.

Le Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN) a pu finalement intervenir, peu avant 13h, lors de la livraison de repas pour les enfants, qui avait été négociée avec le preneur d'otage, a précisé le ministre. Après avoir laissé sortir tous les élèves et l’institutrice de la salle de classe, le jeune homme a été neutralisé par les forces de l’ordre avec un Taser.