Affaire du Sentier 2: Peines aggravées requises en appel

JUSTICE Deux des accusés ne se sont pas présentés au procès...

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«Au titre de l'exemplarité de la sanction», l'avocat général a requis lundi des peines supérieures à celles prononcées en première instance à l'encontre de sept des neuf prévenus jugés en appel depuis fin novembre à Paris pour l'affaire de blanchiment du «Sentier 2».

En préambule, le représentant du ministère public, Hugues Woirhaye, a déploré que les deux principaux animateurs présumés des réseaux de blanchiment, qui fonctionnaient principalement entre la France et Israël, aient décidé de «suivre les débats à des milliers de kilomètres».

Georges Tuil et Albert Bussu, sous le coup de mandats d'arrêt, «ne sont pas venus s'expliquer devant leurs juges». «Votre juridiction en tirera les conséquences», a déclaré à la cour l'avocat général. Il a requis «au moins 6 ans d'emprisonnement» et 300.000 euros d'amende contre M. Tuil (condamné à 5 ans de prison et 100.000 euros d'amende en première instance), et «au moins 5 ans» de prison et la même amende de 300.000 euros contre M. Bussu (contre 4 ans et 100.000 euros).

Un ancien magistrat visé

Pour cinq autres prévenus, il a demandé des peines allant de 6 mois de prison avec sursis à 60.000 euros d'amende, pour leur participation présumée aux malversations et activités des sociétés écrans ayant permis de transformer en argent liquide des chèques frauduleux.

Pour l'accusation, les dénégations des uns et des autres, affirmant pour la plupart avoir été abusés par leur entourage, ne tiennent pas face aux témoignages.

L'avocat général a terminé son réquisitoire avec l'acteur «collatéral» de l'affaire, l'ancien magistrat Jean-Louis Voirain, 66 ans, à qui il est reproché d'avoir accepté des enveloppes et divers cadeaux en échange de services rendus à des acteurs du blanchiment.

Il s'est montré «déloyal vis-à-vis de l'institution judiciaire», a estimé l'avocat général, qui a demandé à la cour de confirmer la peine prononcée par le tribunal correctionnel: 3 ans de prison dont 20 mois ferme et 30.000 euros d'amende.

150 prévenus

Quelque 150 prévenus avaient comparu en 2008 devant le tribunal correctionnel, qui avait prononcé une centaine de condamnations dans ce volet «blanchiment» d'une vaste escroquerie remontant aux années 90 dans le quartier parisien de la confection.

Le procès se poursuit mardi avec les plaidoiries de la défense, qui devraient s'achever mercredi. La cour mettra alors sa décision en délibéré.