Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné mercredi Lies Hebbadj, épicier nantais dont une compagne a contesté en avril une contravention pour port du niqab au volant, à 700 euros d'amende pour "abus de confiance".
Le tribunal correctionnel de Nantes a condamné mercredi Lies Hebbadj, épicier nantais dont une compagne a contesté en avril une contravention pour port du niqab au volant, à 700 euros d'amende pour "abus de confiance". — Frank Perry AFP

JUSTICE

Niqab au volant: Décision du tribunal de police de Nantes ce lundi

La conductrice avait contesté son procès-verbal...

Le tribunal de police de Nantes rendra ce lundi sa décision sur la contestation par une conductrice d'un procès-verbal pour port du niqab au volant, affaire tombée en plein débat sur le voile et qui a tourné à la polémique avec deux mises en examen du conjoint de la femme, l'épicier nantais Lies Hebbadj.

La décision doit être rendue lundi à 9h. La principale intéressée Sandrine Mouleres, 31 ans, sera là «si elle le veut», a indiqué à l'AFP son avocat Jean-Michel Pollono. «Je lui ai en revanche déconseillé de venir avec Lies Hebbadj», a-t-il ajouté.

Placé trois fois en garde à vue et mis en examen deux fois depuis ce PV

Le tribunal de police avait examiné l'affaire le 28 juin en présence de Sandrine Mouleres, 31 ans, et de son désormais très médiatique compagnon Lies Hebbadj, au coeur d'une polémique avec le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux qui a dénoncé sa polygamie dès le lendemain de l'annonce de la contestation du PV fin avril.

Depuis la contestation du PV, Lies Hebbadj a été placé trois fois en garde à vue et mis en examen deux fois, pour «viols aggravés» et «escroquerie, fraude aux aides sociales et travail dissimulé». Il a aussi été condamné le 17 novembre à une amende de 700 euros pour «abus de confiance» mais a fait appel.

22 euros d'amende

Au départ de la médiatisation de cette famille, un policier nantais a verbalisé le 2 avril la jeune mère de famille au volant de sa voiture, estimant que le port de son niqab altérait sa vision périphérique. Selon lui, elle ne s'était pas arrêtée aux premières injonctions qu'il lui avait adressées. Le PV mentionne l’article 412-6 du Code la route, soit 22 euros d'amende pour «circulation dans des conditions non aisées».

Mais Sandrine Mouleres, qui a dénoncé le PV en public lors d'une conférence de presse, le 23 avril, en niqab, accompagnée de Lies Hebbadj, a contesté cette version des faits devant le tribunal de police. Son avocat Me Jean-Michel Pollono a demandé la nullité de la contravention car le PV a été dressé avant le vote de la loi sur le voile. «J'espère que le juge fera preuve de courage et au cas où le PV serait maintenu, j'ai pour mission de faire appel», a-t-il indiqué à l'AFP.

Publication d'un livre

Lors de l'audience du 28 juin, Sandrine Mouleres était venue intégralement voilée mais avait retiré son voile pour témoigner, et son compagnon, Lies Hebbadj, qui portait à la fois barbe, keffieh, calotte blanche et djellaba noire, avait suivi l'audience du fond de la salle.

Le 14 octobre Sandrine Mouleres a publié un livre, «Les boucs émissaires de la République», sous-titré «Moi, Sandrine, ma vie, mon histoire, ma vérité» (Michalon). Elle y explique les raisons de son port du niqab et de sa conversion à la religion musulmane, ainsi que son choix de devenir la compagne de Lies Hebbadj, à la demande de la première femme de celui-ci. La loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public, et donc le port du voile intégral (niqab, burqa...), a été promulguée et publiée le 12 octobre au Journal officiel.