Drogues: En finir avec les manques des adultes

ADDICTIONS Le ministère de la Santé lance une campagne qui remet les parents au coeur de la prévention...

Gilles Wallon

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Plus d'un parent sur cinq n'a jamais évoqué avec ses enfants les risques liés aux drogues, selon un sondage BVA rendu public vendredi.
Plus d'un parent sur cinq n'a jamais évoqué avec ses enfants les risques liés aux drogues, selon un sondage BVA rendu public vendredi. — DRDR

Remettre les adultes au cœur de la prévention antidrogue : c'est l'objectif d'une nouvelle campagne de communication à la télévision et dans la presse, lancée ce lundi par le ministère de la Santé. Autour d'un même thème – «on peut tous agir contre la drogue» –, la campagne se décline en trois histoires : celles de Brigitte, Michael, et Nelson, une mère et deux ados, tous confrontés à la toxicomanie.

«On ne culpablise pas»

La fille de Brigitte fume du cannabis, elle décroche à l'école, sa mère va demander de l'aide, elles s'en sortiront ensemble. Michael prend de la coke, son entourage le sait, mais ne fait rien Nelson a refusé une pilule d'ecstasy – son entraîneur lui en avait parlé, une fois, et ça l'a marqué. «On ne dramatise pas, on ne culpabilise pas, on veut juge susciter l'empathie, commente Nora Berra, la nouvelle secrétaire d'Etat à la Santé. Les situations sont multiples, il n'y a pas de réponses toutes faites. Il faut s'adapter. Mais il faut parler.»

Parler? Plus d'un parent sur cinq n'a jamais évoqué avec ses enfants les risques liés aux drogues, ni même expliqué que c'était interdit, selon un sondage BVA rendu public vendredi. Et 19% n'ont jamais fixé de règle sur la consommation de cannabis.

« Il y a des endroits où on peut vous aider »

«Le premier acteur de la prévention, ce n'est pas le médecin : c'est l'adulte proche, les parents, les éducateurs, assène Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt). Mais les campagnes de prévention ne leur sont pas destinées, alors ils ne savent pas quoi dire.» En conséquence, ils ne disent rien, ou bien sont maladroits.

 Parfois, ils banalisent. Parfois, ils surdramatisent. Dans les deux cas, ils perdent la réalité du rapport à la drogue que peut avoir l'enfant, poursuit Nora Berra. On sait que c'est difficile d'être parent, encore plus d'être parent d'un ado. Tout ce qu'on veut dire, c'est : il y a des endroits où on peut vous aider.» Des centres de santé, d'addictologie, des maisons des adolescents, entre autres. «Ces structures existent, mais il faut renforcer leur visibilité», admet Nora Berra. Selon le sondage BVA, 34% des parents ne se sentent pas soutenus par les professionnels dans l'éducation de leurs enfants. Et un sur cinq a déjà utilisé, ou souhaiterait utiliser, une «aide à la parentalité».