Le nouveau ministre de la Justice Michel Mercier critique le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux

JUSTICE Nouvelle polémique après la condamnation de policiers au tribunal de Bobigny...

Matthieu Goar

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Brice Hortefeux (à g.) et Michel Mercier, lors d'une rencontre à l'Elysée en mars.
Brice Hortefeux (à g.) et Michel Mercier, lors d'une rencontre à l'Elysée en mars. — C. PLATIAU / REUTERS

La justice est décidément un sujet de frictions au sein du gouvernement. Dimanche, le ministre de la Justice, Michel Mercier, est monté au créneau pour défendre les magistrats du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) dans l'affaire des policiers condamnés à des peines de prison. «La justice a fonctionné, la procédure suit son cours, a estimé le garde des Sceaux dans les colonnes du Parisien, avant de recadrer son collègue de l'Intérieur. Je rappelle simplement que lui n'est pas ministre de la Justice, mais qu'il est chargé des policiers.»

Solidaire de ses policiers

Choqué par les peines de six mois à un an de prison ferme prononcés, vendredi, par le tribunal correctionnel de Bobigny contre des policiers soupçonnés de violences et de fausses accusations, Brice Hortefeux avait estimé que le jugement pouvait «apparaître, comme disproportionné». «Ces propos, je les confirme, je les revendique et je les assume», a répété sur iTélé dimanche soir le ministre de l'Intérieur habitué à s'affranchir du principe de séparation entre l'exécutif et la justice.

En juillet, il avait déjà déclaré publiquement que «la chaîne de sécurité s'interrompt brusquement après l'interpellation». «On est dans l'ultra classique», peste Benoist Hurel, secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature. Cette fois-ci, le ministre veut aussi se montrer solidaire avec les policiers en colère qui ont manifesté devant le tribunal de Bobigny.

Surtout que cette juridiction est très mal perçue par certains fonctionnaires de police qui dénoncent régulièrement son supposé laxisme. Récemment, la remise en liberté d'un dealer interpellé avec 1,6 kg de cocaïne, 3,5 kg de cannabis et une Kalachnikov a choqué des policiers. «Dans ce département particulièrement criminogène, certains magistrats de ce tribunal se comportent comme des idéologues de la culture de l'excuse », s'indigne Mohamed Douhane, membre du bureau national du syndicat Synergie.