L'intimité retrouvée au nouveau centre d'hébergement d'urgence à Lyon

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Blottie contre sa mère, Mariana, quatre ans, est souriante, tandis qu'Adrian, trois ans, joue sur le lit d'à côté, sous le regard bienveillant de son père, soulagé de retrouver l'intimité familiale dans une chambre du nouveau centre d'hébergement d'urgence ouvert vendredi à Lyon.

"Après avoir passé plusieurs nuits au milieu d'autres familles et de SDF dans un gymnase, avoir une chambre juste pour nous, c'est vraiment bien", explique Feri, père de famille roumain d'une trentaine d'années.

"On est plus tranquille et on peut rester toute la journée, on n'est pas mis dehors à 8h du matin", poursuit-il dans un français hésitant.

Ce nouveau centre d'hébergement, qui remplace les deux gymnases ouverts fin novembre et fonctionnera jusqu'au 31 mars 2011, est situé dans le cinquième arrondissement de Lyon et a été mis gracieusement à disposition par le diocèse.

L'édifice se compose de deux ailes, l'une réservée aux demandeurs d'asile et l'autre aux sans abris, chacune pouvant accueillir une centaine de personnes, et le fonctionnement, financé par l'Etat, est assuré par les associations Forum réfugiés et Alynea (Association lyonnaise nouvelle d'écoute et d'accompagnement).

"Il y a plus d'intimité et c'est plus calme. C'est propre, je suis au chaud, c'est impeccable", souligne Hakim, jeune sans-abri de 19 ans.

"C'est un hébergement durable pour l'hiver, c'est le plus important. Je ne vais pas passer la journée à m'angoisser pour savoir où je vais dormir", insiste-t-il.

Evidemment, tout n'est pas rose et certains se plaignent déjà. "Les lits de camp ne sont pas confortables et une seule douche marche", selon Viatcheslav et sa femme, demandeurs d'asile azerbaïdjanais d'une soixantaine d'années.

"Nous sommes trois couples dans la même pièce, on aurait voulu avoir chacun notre chambre", expliquent six jeunes Roumains.

"La cohabitation risque d'être difficile, notamment entre Français et étrangers, et j'espère qu'il n'y aura pas de problèmes de vol", confie une sans-abri d'une quarantaine d'années, qui n'a pas voulu révéler son identité.

"L'installation des gens et leur premier repas se sont bien passés, malgré quelques petits problèmes d'organisation", relate Marina Zennaro, Lyonnaise de 20 ans embauchée à plein temps par Alynea jusque fin mars, comme 23 autres travailleurs sociaux.

"Pour l'instant, on n'a qu'une douche dans la bâtiment mais c'est provisoire, dès le début de la semaine les autres vont être réparées", assure-t-elle, soulignant: "Au moins, familles et personnes isolées retrouvent leur intimité ici car il n'y a que des petites chambres, pas de dortoirs".

A 21h30, les enfants, qui en début de soirée furetaient partout pour découvrir les moindres recoins du bâtiment, avaient rejoint leurs parents dans les chambres et commençaient à s'endormir.