Bugaled Breizh: la piste du deuxième sous-marin

ENQUETE Un submersible britannique en manoeuvre dans la zone aurait été victime d'une avarie le jour du naufrage du chalutier français...

Bérénice Dubuc

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Le naufrage du Bugaled-Breizh a fait trois morts et deux disparus, le 15 janvier 2004.
Le naufrage du Bugaled-Breizh a fait trois morts et deux disparus, le 15 janvier 2004. — MAISONNEUVE / SIPA

Encore un rebondissement dans l’affaire du Bugaled Breizh. Citant l'hebdomadaire spécialisé Le Marin, Le Parisien révèle dans son édition de ce samedi qu'un second sous-marin, britannique celui-là, pourrait être à l'origine du naufrage du chalutier breton, le 15 janvier 2004, qui a tué cinq marins.

Cette information est donnée par un témoin anonyme cité par l'hebdomadaire spécialisé, une source «extrêmement solide», selon Me Dominique Tricaud, avocat de la famille d'une des victimes cité par Le Parisien. Le témoin aurait pu se trouver sur les lieux au moment du naufrage.

Il indique que «le Turbulent», un sous-marin anglais, participait à un exercice militaire avec un sous-marin nucléaire d’attaque français, le «Rubis», dans la zone du drame. Il aurait envoyé un message signalant une avarie dans les heures suivant la catastrophe, puis aurait interrompu ses manœuvres pour rejoindre son port d’attache. Cependant, les autorités anglaises affirment que ce n’est que le lendemain du naufrage que le «Turbulent» aurait été victime d’une avarie. Il ne se serait pas trouvé en mer le 15 janvier 2004.

Trois sous-marins dans la zone ce jour-là

«Il faudrait que ce témoin puisse être entendu par un juge d’instruction, même sous X», a indiqué au Parisien Me Christian Bergot, un autre avocat des familles des victimes. Les soupçons se portaient précédemment sur un sous-marin américain, qui aurait pu faire couler le «Bugaled» en accrochant son chalut.

Un autre sous-marin, le Dolfijn, un bâtiment hollandais, se trouvait également dans la zone et pourrait, au même titre que les deux autres submersibles, être impliqué dans le naufrage du Bugaled, selon le témoignage du président du comité local des pêches du Guilvinec, le port d’attache du Bugaled, interrogé par le quotidien.