Mal logement: Fillon demande aux préfets de se mobiliser

SOCIAL Selon le Premier ministre, il manque 800.000 logements en France pour appliquer le Dalo...

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Le secrétaire d'Etat au Logement a reconnu que l'Etat avait du mal à remplir ses obligations en matière de logement.
Le secrétaire d'Etat au Logement a reconnu que l'Etat avait du mal à remplir ses obligations en matière de logement. — TSCHAEN/SIPA

Hébergement d'urgence inconditionnel, transparence dans l'octroi des logements sociaux : dans une circulaire aux préfets, François Fillon exhorte les services de l'Etat à la mobilisation et réaffirme la priorité donnée par son gouvernement «à l'accès au logement».

Dans ce courrier diffusé mercredi, le Premier ministre place les préfets devant une «obligation de résultats» et, selon Matignon, saisira l'opportunité de leur transmettre ses recommandations de vive voix lors d'une réunion prévue lundi prochain 13 décembre au ministère de l'Intérieur.

Les associations de lutte contre le mal logement ont salué un «discours volontariste». Mais il est dénué d'engagements financiers «à la hauteur des orientations décrites», a déploré Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. «Et si le texte évoque l'application du droit au logement opposable, il est difficile de la remplir lorsqu'«il manque 800.000 logements en France», a-t-il relevé.

«Aucune demande ne doit être refusée»

Envoyée «dans l'urgence», la circulaire n'apporte aucune garantie sur l'accueil «des étrangers en situation irrégulière et des déboutés du droit d'asile», a commenté le PS. Début décembre, il avait dénoncé «la gabegie» et «la désorganisation» de la politique du logement du gouvernement, «alors que le décompte tragique des premiers morts de l'hiver a commencé».

Sur l'hébergement d'urgence, «aucune demande de mise à l'abri ne doit être refusée par manque de place», écrit pour sa part François Fillon aux préfets.

«Il vous appartient donc de mobiliser (...) toutes les capacités d'accueil nécessaires et d'être réactifs», ajoute-t-il.

Pour le Premier ministre, les associations «attendent aujourd'hui des résultats concrets et des gages de la bonne volonté de l'Etat».

1,2 milliard dans le budget 2011

Le mois dernier, malgré le déblocage de 63 millions d'euros de crédits supplémentaires pour 2010, le collectif de défense des mal logés avait exprimé son mécontentement à sa sortie d'une réunion à Matignon.

Afin d'offrir une «meilleure visibilité» aux acteurs, François Fillon indique avoir demandé que «l'intégralité» du prochain budget consacré à l'aide aux sans-abri soit versée dès début 2011. Selon le gouvernement, celui-ci s'élève à 1,2 milliard d'euros.

La circulaire est aussi l'occasion de réaffirmer la priorité donnée à «l'accès au logement», fruit des deux premières années du «chantier national 2008-2012».

«L'accès à un logement ou à un logement adapté est la finalité première de l'intervention publique. (...) C'est le sens de la stratégie du 'logement d'abord'», avance le Premier ministre. Dans ce cadre, l'accent est mis sur le logement social.

«Le développement d'une offre de logements à loyers maîtrisés demeure une priorité», dit François Fillon aux préfets.

Transparence dans l'attribution des logements

Exhortés à «veiller à ce que l'intégralité du contingent de logements sociaux» soit «efficacement gérée», les préfets sont aussi incités à contraindre les communes à respecter leurs obligations de construction de logements sociaux.

«Il convient d'améliorer la transparence des attributions de logements sociaux», note également le Premier ministre.

Le gouvernement s'oppose à la vision de «mixité sociale» du mouvement HLM, et répète que les bailleurs sociaux ont l'obligation de loger surtout les ménages les plus modestes.

Fin novembre, le président de l'Union sociale pour l'Habitat, Thierry Repentin, s'était dit «scandalisé» par des informations de presse selon lesquelles «53.000 ménages parmi les plus riches de France» seraient logés dans certains des quelque quatre millions de HLM du pays.