Rythmes scolaires: La semaine des quatre jours a du plomb dans l'aile

EDUCATION Un rapport parlementaire estime que ce système est «délirant» et «aberrant»...

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Les douze millions d'élèves de France ont fait mardi leur rentrée, tous ensemble pour la première fois depuis 17 ans en raison de la suppression du samedi matin, une rentrée marquée aussi par l'accent mis sur le soutien scolaire et 11.200 suppressions de postes.
Les douze millions d'élèves de France ont fait mardi leur rentrée, tous ensemble pour la première fois depuis 17 ans en raison de la suppression du samedi matin, une rentrée marquée aussi par l'accent mis sur le soutien scolaire et 11.200 suppressions de postes. — Bertrand Guay AFP

La semaine de quatre jours en primaire, en place depuis la suppression il y a seulement deux ans du samedi matin, devrait être «interdite» pour «alléger les journées», et les vacances d'été réduites du primaire au lycée, prône une mission parlementaire sur les rythmes scolaires.

>> Lire ici l'interview de François Jarraud, professeur d'Histoire-Géographie, rédacteur en chef du Café pédagogique

Une interdiction pure et simple «enverrait un signal fort de prise en compte de l'intérêt de l'enfant», alors que la semaine de quatre jours «a été choisie par les seuls adultes», écrit cette mission d'information de l'Assemblée nationale dans la synthèse d'un rapport rendu public mercredi.

Quatre jours et demi d'école

La concentration de la classe sur seulement quatre jours conduit en effet à des journées trop lourdes pour les enfants, ce que les chronobiologistes entendus par la mission ont qualifié de «délirant» et «aberrant».

L'objectif serait donc de «réduire la durée de la journée», ce qui passerait aussi par fixer «un plafond quotidien horaire». La mission en revanche ne tranche pas entre quatre jours et demi ou cinq jours, ni entre le mercredi ou le retour au samedi matin, chacune des solutions ayant ses défenseurs.

Une fois la journée allégée, la mission propose aussi de repenser son organisation: «une heure d'étude surveillée pour tous les élèves pourrait être instituée, sans sacrifier pour autant l'aide personnalisée. La place de celle-ci devrait être toutefois repensée. Elle pourrait être intégrée dans le temps de la classe, le temps scolaire ordinaire, ce qui permettrait de mettre en oeuvre dans les écoles une pédagogie réellement différenciée».

Varier l'apprentissage

Il faudrait enfin différencier les durées et horaires selon l'âge, car les mêmes emplois du temps de trois à onze ans constituent une «absurdité». En collèges et lycées, où les heures de cours des élèves français sont supérieures à la moyenne européenne, la mission préconise davantage d'autonomie locale de gestion des horaires.

«Il faudrait confier la gestion de la grille hebdomadaire des enseignements au collège et au lycée, dans le cadre de référentiels nationaux fixant le nombre annuel maximal d'heures», écrit-elle.

Une réforme devrait en fait avoir «pour objectif premier de faire varier les formes d'apprentissage»: il serait «souhaitable de réduire le temps de cours magistral, de développer les enseignements pluridisciplinaires et de repenser les temps pédagogiques».

Zonage des vacances d'été

Et les «obligations de service» des enseignants pourraient être liées à la définition d'un «temps de présence» dans l'établissement, ce qui existe dans "de nombreux pays européens».

Concernant enfin le calendrier scolaire (du primaire au lycée), le rapport insiste sur «le respect de l'alternance entre sept semaines de classe et deux semaines de vacances prévue par le législateur», ce qui impliquerait d'allonger les vacances de Toussaint et de «réorganiser le troisième trimestre».

Elle ajoute que «les vacances d'été devraient être raccourcies de deux ou trois semaines». L'impact de ces mesures sur le tourisme «pourra être compensé par la définition d'un nouveau zonage, en deux zones, qui s'appliquerait également aux grandes vacances».

Ces propositions doivent alimenter la «Conférence nationale sur les rythmes scolaires», lancée par le ministre de l'Education nationale Luc Chatel, qui doit aboutir à des annonces en mai-juin 2011.

La mission était présidée par la députée UMP Michèle Tabarot, les rapporteurs étant Xavier Breton (UMP) et Yves Durand (PS).