Bulletin scolaire de l'école française: «peut mieux faire»

EDUCATION L'étude Pisa 2009 de l'OCDE souligne de fortes disparités de niveaux entre les élèves...

Delphine Bancaud
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Le niveau n'est pas homogène.
Le niveau n'est pas homogène. — F. DURAND / SIPA

Elève moyenne, peut mieux faire. Les conclusions de l'enquête Pisa 2009 de l'OCDE réalisée dans 65 pays ont été révélées hier. Celle-ci évalue le niveau de compréhension de l'écrit, la culture mathématique et la culture scientifique des élèves de 15 ans. Résultats: cette année encore, la France demeure dans la moyenne européenne. « Nous nous situons dans le même peloton que les Etats-Unis, l'Allemagne, le Danemark… », a commenté le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, bien décidé à ne pas rougir de la position de la France. « Je refuse que l'on dénigre le système scolaire français », a-t-il répété, anticipant les critiques.

Des résultats stagnants
Car, depuis le classement 2000, la France n'a pas progressé, contrairement à certains pays, comme l'Allemagne (+ 13 points en compréhension de l'écrit). Autre hic : les inégalités sont croissantes dans l'Hexagone, qui enregistre 10 % d'excellents élèves en lecture (contre 8,5 % en 2000) et en bout de chaîne 22 % d'élèves en grande difficulté (soit 5 % de plus par rapport à l'enquête Pisa de 2000). « Notre autre faiblesse relève du déterminisme social, car moins les parents sont favorisés, plus les élèves sont en difficulté », a souligné le ministre. Une situation que tente d'expliquer Eric Charbonnier, expert pour l'éducation à l'OCDE. « Beaucoup de réformes ont été menées en France, mais en même temps, des coupes budgétaires ont été effectuées. Or, les réformes qui marchent dans les autres pays sont réalisées au minimum à budget constant. »
Autre écueil de notre modèle éducatif selon lui : « Les jeunes enseignants inexpérimentés sont envoyés en ZEP où il y a aussi un fort turnover dans les équipes pédagogiques. Alors qu'à Shanghai (en tête du peloton), en Chine, les meilleurs enseignants exercent dans les établissements les plus difficiles. » Autre modèle à suivre, selon l'expert, celui de la Finlande, qui met l'accent sur une pédagogie adaptée aux élèves en difficulté.

Lutter contre l'échec, une priorité
Pour redresser la barre, la France devrait donc accélérer ses efforts, à l'instar de l'Allemagne, qui a vécu l'enquête Pisa 2000 comme un vrai choc. « Elle a axé ensuite ses réformes sur l'apprentissage de la langue allemande dès la maternelle, afin d'améliorer le niveau des enfants d'immigrés. Elle a aussi instauré une aide aux devoirs l'après-midi en primaire », explique Eric Charbonnier. Une stratégie payante puisque le taux d'échec scolaire a diminué. Selon l'OCDE, pour arriver à ce résultat, la France doit mettre les bouchées doubles concernant les dispositifs de soutien déjà existants, tels que l'aide personnalisée en primaire et l'accompagnement personnalisé au collège. Quitte à réduire un peu les programmes scolaires et les heures de cours classiques.

PLan d'action

Pour améliorer le score de la France, Luc Chatel souhaite poursuivre le recentrage du système scolaire sur les fondamentaux en s'appuyant sur la refonte des programmes du primaire, accroître la « personnalisation de l'enseignement », qui a déjà démarré avec l'aide personnalisée en primaire… Enfin le ministre veut donner plus d'autonomie aux établissements, pour « encourager les initiatives locales qui fonctionnent ».