L'UFC-Que Choisir s'en prend aux publicités pour la «malbouffe»

SANTE Et note que «les 26% d'enfants qui ont l'alimentation la plus déséquilibrée, sont aussi ceux qui regardent le plus les publicités»...

Bérénice Dubuc

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Deux petites filles regardent la télévision en mangeant des sucreries, le 8 octobre 2003 à Rennes.
Deux petites filles regardent la télévision en mangeant des sucreries, le 8 octobre 2003 à Rennes. — AFP/VALERY HACHE

Quatre ans après, l’UFC-Que Choisir s’alarme à nouveau du déséquilibre nutritionnel des produits alimentaires promus dans les pubs à destination des enfants. En 2006, en effet, l’UFC publiait une première enquête établissant que 89% des spots portaient sur des produits gras, salés ou sucrés.

Ce mardi, elle revient à la charge contre les spots vantant la «malbouffe»: «80% des spots de l'industrie alimentaire portent sur des produits trop sucrés ou trop gras», indique son rapport. Ainsi, ces spots vantent confiseries (32%), restauration rapide (26%), ou encore céréales («très sucrées» précise Olivier Andrault, chargé de mission de l'UFC) pour le petit-déjeuner (11%).

«Engagements pipeau»

Selon elle, «la corrélation entre le déséquilibre nutritionnel dans les tunnels publicitaires et celui constaté dans les placards» des familles françaises est toujours valable. L’association rappelle également que «les 26% d’enfants qui ont l’alimentation la plus déséquilibrée, sont aussi ceux qui regardent le plus les publicités».

Pourtant, les professionnels s'étaient engagés début 2009, dans le cadre de la lutte contre l'obésité infantile, à promouvoir un bon comportement nutritionnel. Des «engagements pipeau» pour l'UFC-Que Choisir, qui critique au passage le gouvernement, qui a laissé les industriels s'autoréguler au lieu d’établir des règles strictes en matières de marketing à destination des enfants.

Moins de spots dans les programmes pour enfants

Seul bon point: l’UFC a dénombré moins de spots pour des produits alimentaires principalement destinés aux enfants insérés dans les programmes dédiés aux plus jeunes. «La tranche horaire des programmes pour enfants (6h-10h) est celle où nous avons comptabilisé le nombre le plus faible de publicités pour les jeunes dans notre relevé 2010. Alors qu’en 2007, nous avions relevé 285 spots alimentaires dans les écrans enfants, nous n’avons relevé en 2010, sur des tranches horaires comparables, que 49 spots, soit six fois moins», indique le rapport.

Malheureusement, «l'industrie s'est reportée principalement sur les horaires où il y a le plus d'enfants devant les écrans», à savoir vers 8h, 13h et 20h30, indique Olivier Andrault, chargé de mission de l'UFC. «Bien entendu, tous les industriels ne sont pas à mettre dans le même panier», indique-t-on à l’UFC.

L’association a en effet constaté que certains industriels ont fait un effort, en axant par exemple la publicité sur des produits avec un «vrai intérêt nutritionnel», alors que d’autres, très mauvais élèves, n’ont mis aucune action en œuvre, que ce soit dans le domaine de l’amélioration des produits ou du marketing.