Classement Pisa: Le ministère de l'Education ne baisse pas les bras

EDUCATION Luc Chatel réplique à la publication de l'étude de l'OCDE...

C. F. et D. B.

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Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a lancé lundi trois chantiers pour améliorer le fonctionnement des établissements de réinsertion scolaire (ERS) dont il a reconnu et "assumé" les incidents, sans remettre en cause le dispositif lui-même.
Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a lancé lundi trois chantiers pour améliorer le fonctionnement des établissements de réinsertion scolaire (ERS) dont il a reconnu et "assumé" les incidents, sans remettre en cause le dispositif lui-même. — Lionel Bonaventure AFP

Un niveau moyen, avec des inégalités croissantes entre les élèves en difficulté et brillants. C’est la conclusion du classement Pisa (une étude de l’OCDE sur le système éducatif de 65 pays) pour la France, publié ce mardi. Le ministère de l’Education avait organisé une conférence de presse dans la foulée.
 
«Nous nous situons dans le même peloton que les Etats-Unis, l’Allemagne, le Danemark et le Royaume-Uni», a commenté le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, bien décidé à ne pas rougir de la position de la France dans ce classement. «Je refuse que l’on dénigre le système scolaire français», a-t-il répété, anticipant les critiques.
 
Reconnaissant l’augmentation du nombre d’«élèves en difficulté» d’une part et d’«excellents élèves» d’autre part, la rue de Grenelle met ainsi en avant les trois leviers d’action mis en place ou en cours pour lutter contre ce phénomène. Le premier est le «recentrage sur les fondamentaux», avec la refonte des programmes du primaire et les réformes à venir sur l’illettrisme et le «plan sciences».
 
Le deuxième levier d’action passe par la «personnalisation de l’enseignement», selon le ministère, qui cite l’aide personnalisée mise en place en primaire et qui doit l’être au lycée et en 6e.

«Mérite» et «excellence»

Enfin, le troisième levier relève de la «personnalisation des moyens» attribués aux établissements, comme l’avait recommandé un récent rapport de la Cour des comptes. Et le ministère de citer le programme «Clair», expérimenté à la rentrée 2010 dans des établissements concentrant le plus de difficultés en matière de climat scolaire et de violence.
 
Pour finir, le ministre insiste sur «l’ambition de renouer avec la République du mérite (…) et de la promotion sociale» en aidant «les élèves en difficulté» et en élargissant et diversifiant «l’accès à l’excellence». «Mérite», «excellence», le souci de favoriser les meilleurs élèves semble toujours prioritaire. Un «élitisme» dénoncé les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet, auteurs de «L'élitisme républicain» (2009), qui appellent à revoir la philosophie de l'enseignement en France
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