L'Eglise catholique victime d'un détournement de fonds

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L'église catholique a été victime de détournements de fonds de l'ordre de 300.000 euros et a porté l'affaire devant la justice, a indiqué mardi la Conférence des évêques de France (CEF), confirmant une information du Parisien.

C'est une "adjointe au service comptabilité" de la CEF qui serait responsable de ces détournements au profit de ses comptes personnels, en 2008 et 2009. Elle a été licenciée depuis.

Elle aurait prélevé ces sommes sur les fonds provenant des dons faits par les fidèles auprès de leurs diocèses, au titre du "denier de l'église" (ancien "denier du culte") qui constitue environ 20% des ressources de l'église catholique.

"Plainte a été immédiatement déposée après la découverte de ces malversations, écrit mardi dans un communiqué le secrétaire général de la CEF Mgr Antoine Hérouard. Il ajoute qu'une enquête a été diligentée et que la CEF est "dans l'attente d'une décisions de justice".

"L'Eglise catholique, par son organisation et le financement de ses activités, repose sur la confiance de ses fidèles. Il est déplorable que certains en abusent. Une partie de cet argent devrait être récupérée, permettant d'assurer, comme il se doit, les missions de l'Eglise", ajoute-t-il dans son bref communiqué.

L'église vit en effet uniquement de la générosité des fidèles depuis la loi de 1905 sur la laïcité. Ses ressources proviennent du denier de l'église, du produit des quêtes, des donations et legs, du "casuel" (sommes versées pour les baptêmes, mariages et autres cérémonies religieuses), de la vente de cierges, des kermesses, etc, soit un total de l'ordre de 1,1 md EUR.

Ce budget couvre le traitement et la retraite des prêtres (46% des dépenses), le fonctionnement des services diocésains (catéchèse, aumôneries, pastorale familiale), l'entretien des presbytères et des églises construites après 1905 et aussi le fonctionnement de l'institution qu'est la CEF .

C'est le Conseil pour les affaires économiques, sociales et juridiques de la CEF qui s'occupe du budget et aussi des campagnes de promotion pour encourager les fidèles à la générosité, notamment pour le denier de l'église et les legs et donations .

Il semble que ce détournement de fonds au niveau de l'institution soit une première. En revanche, il y a déjà eu des escroqueries "locales" comme celle pour laquelle un ancien prêtre vient d'être condamné en Corse.

Cet économe d'une association diocésaine d'Ajaccio avait détourné en 20 ans 2 millions d'euros, ce qui lui permettait de rouler en Ferrari et de posséder un important patrimoine immobilier. Il devait penser que "charité bien ordonnée commence par soi-même", mais l'église et la justice des hommes ne l'entendent pas de cette oreille.