Pisa: Les inégalités scolaires se sont accrues depuis l'an 2000

EDUCATION C'est ce que révèle le classement de l'OCDE...

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Les élèves français de 15 ans ont des résultats dans la moyenne des pays de l'OCDE mais les inégalités scolaires se sont accrues en France depuis l'an 2000, avec notamment davantage d'élèves faibles, selon les résultats de l'enquête «Pisa» 2009 rendue publique mardi.

Comme lors de la précédente enquête de 2006, la France se situe dans la moyenne de l'OCDE pour les trois compétences étudiées (21ème sur 65 en compréhension de l'écrit, 22ème en mathématiques et 27ème en sciences), loin derrière la tête du classement 2009 composée de Shanghai, Corée du Sud et Finlande.

65 pays passés au crible

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) de 2009 compte les 34 pays membres de l'OCDE, ainsi que 31 pays ou économies partenaires, comme Shanghai qui participait pour la première fois.

Si la place de l'Hexagone est peu enviable, les résultats révèlent en plus de fortes inégalités, en hausse durant la décennie 2000. En effet, la proportion des élèves «performants» comme celle des élèves «en très grande difficulté scolaire» sont toutes deux au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, relève l'Organisation.

Par rapport à «Pisa» 2000, première édition de l'enquête, la proportion des élèves de 15 ans «les moins performants en compréhension de l'écrit» est passée de 15% à 20%. Dans le même temps, le pourcentage des plus performants a augmenté de 8,5% à 9,6%.

«Les inégalités se sont creusées»

De la même façon, la proportion des élèves les plus faibles en mathématiques a augmenté de 16,6% en 2003 à 22,5% en 2009, alors que la proportion des meilleurs restait sensiblement identique.

«Il y a de plus en plus d'élèves en échec scolaire, les inégalités se sont creusées. C'est un signal d'alarme pour la France qui avait déjà été tiré par l'OCDE en 2006 et qui l'est de nouveau», a commenté pour l'AFP Eric Charbonnier, expert éducation à l'Organisation.

La comparaison avec le Danemark est instructive, relève-t-il: les deux pays sont moyens, mais la France parce que «la proportion de son élite est toujours aussi importante», alors que le Danemark a surtout peu d'élèves faibles.

Plus de soutien individualisé et réduction des redoublements

C'est qu'en France, l'école ne parvient pas à corriger les inégalités de départ: «L'impact du milieu socio-économique sur la performance y est plus grand que la moyenne OCDE».

Les comparaisons relèvent que la France gagnerait à faire du soutien plus individualisé dans les écoles ou à réduire les redoublements: «Il n'y a pas de fatalité», assure Eric Charbonnier, car Corée du Sud, Japon ou Canada par exemple parviennent à concilier performance et équité.

Outre ces pays, les plus performants, selon «Pisa» 2009, sont la ville chinoise de Shanghai, la Finlande, l'Australie ou les Pays-Bas, l'Asie trustant les cinq premières places en mathématiques. Globalement, Allemagne, Pologne et Portugal s'améliorent, mais Suède, Irlande ou République tchèque reculent.

Discipline pas assez «respectée»

Partout, les filles devancent les garçons, avec un écart moyen représentant l'équivalent d'une année d'études.

Grâce à des questions sur l'environnement d'apprentissage, on apprend aussi que la France se classe parmi les pays «où la discipline est la moins respectée», même si environ deux tiers des élèves disent bénéficier de classes disciplinées.

Les enseignants français tirent par ailleurs leur épingle du jeu: ils encouragent leurs élèves à lire plus que la moyenne OCDE et l'affirmation selon laquelle «la plupart de mes enseignants me traitent de façon juste» a recueilli 16 points de pourcentage de plus en 10 ans.