L'armée américaine n'est pas prête à lever le tabou gay, dit le chef des Marines

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Le chef des Marines, le corps d'élite de l'armée américaine, le général James Amos, a affirmé vendredi que la levée du tabou homosexuel dans l'armée risquait "de nuire aux opérations de combat en cours", lors d'une audition au Congrès.

Lors de cette audition six haut responsables militaires ont exprimé des opinions discordantes quant aux conclusions d'une enquête du Pentagone indiquant que "le risque posé par une abrogation de la loi +Don't ask, don't tell+ (ne rien demander, ne rien dire) pour l'efficacité générale des forces armées est faible".

Appelant le Congrès à repousser toute initiative alors que des combats intenses ont lieu en Afghanistan, le général Amos a dit: "je ne peux ignorer la perception négative de nos Marines, qui sont les plus impliqués dans les difficiles opérations quotidiennes en Afghanistan".

"Le message qu'ils m'adressent est qu'il doit y avoir un report car il y a un risque que cela perturbe l'exécution de nos missions de combat", a-t-il ajouté.

Le plus haut gradé de l'armée de Terre, le général George Casey, et son homologue de l'Air Force, ont également mis en garde contre les risques liés à la levée du tabou gay, se montrant toutefois plus ouvert à la suppression de la loi, tandis que les chefs de la Marine et des garde-côte se sont dit prêts au changement lors de la même audition.

Jeudi, le plus haut gradé de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, avait indiqué que les soldats américains étaient "prêts" pour que les homosexuels puissent servir sous les drapeaux en ne faisant pas mystère de leur orientation sexuelle.

La Maison Blanche souhaite l'abrogation du texte par le Sénat avant la fin de l'année, tout comme le secrétaire à la Défense Robert Gates.

Mais les sénateurs républicains jugent que l'abrogation de la loi menacerait l'efficacité des soldats au combat.

La loi, instaurée en 1993, oblige les militaires gays et lesbiennes à taire leur homosexualité sous peine d'exclusion.