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JUSTICE

100 euros d'amende avec sursis pour avoir envoyé des mails graveleux à Rachida Dati

L'homme, défendu par sept avocats, affirme avoir fait cela pour «s'amuser»...

Un Drômois de 39 ans a été condamné ce vendredi à cent euros d'amende avec sursis pour avoir envoyé des mails graveleux à la députée européenne Rachida Dati, une peine en deçà des trois mois de prison avec sursis requis contre lui devant le tribunal correctionnel de Valence.

«Personne dans la salle ne peut penser que ces mails n'ont pas atteint la dignité de Mme Dati», avait déclaré dans son réquisitoire le procureur de Valence, Antoine Paganelli, demandant une mise à l'épreuve et une obligation de soins.

Sept avocats

«C'était grivois, irrespectueux et pas très malin. Mais, il y a eu un problème d'interprétation», s'est défendu à la barre le prévenu, qui comparaissait libre pour «outrage à personne dépositaire de l'autorité publique». «Je l'ai fait d'instinct pour m'amuser», a finalement reconnu le trentenaire, dont le procès d'une journée a attiré la foule, dont plus d'une vingtaine de médias.

«Il y a une justice à deux vitesses. (...) On est dans la démesure la plus totale (...) Je ne sais pas juridiquement sur quoi mon client est jugé», a plaidé Ivan Flaud, un des sept avocats du prévenu, en demandant sa relaxe.

48 heures en garde à vue

«Les mails ont été envoyés à Mme Dati en qualité de personne privée, je dirais même "people", et pas en qualité d'élue», avait-t-il déclaré à l'AFP peu avant l'audience, en qualifiant la réponse judiciaire de «disproportionnée».

Le prévenu a été interpellé le 20 octobre dernier à son domicile puis placé en garde à vue 48 heures à l'issue desquelles il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer la plaignante.

Allusion au lapsus

Rachida Dati, qui ne s'est pas constituée partie civile au procès, était vendredi absente à l'audience.

Parmi les mails envoyés à cette dernière, «le dernier a dû l'inquiéter un peu plus que les autres parce qu'il évoquait la possibilité d'une rencontre» et faisait allusion au lapsus de la député européenne, qui avait fin septembre sur un plateau télé confondu «inflation» et «fellation», avait expliqué le parquet.