Les élèves handicapés sont à rude école

EDUCATION Plusieurs associations et syndicats dénoncent le manque d'auxiliaires de vie scolaire...

Delphine bancaud

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Les auxiliaires de vie scolaire favorisent l'apprentissage des élèves handicapés.
Les auxiliaires de vie scolaire favorisent l'apprentissage des élèves handicapés. — F. DURAND / SIPA

A l'occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, visitera ce vendredi matin des classes accueillant des élèves handicapés à Chaumont (Haute-Marne). L'occasion pour le ministre de faire un point sur la scolarisation des élèves handicapés, alors que la situation semble tendue dans plusieurs académies. En cause: le manque d'auxiliaires de vie scolaires (AVS), chargés d'accompagner les élèves handicapés accueillis dans des établissements ordinaires.

Des enfants mis sur la touche

Une situation que connaît bien Hayet Babouri, maman d'un petit garçon de 8 ans, à Bourg-en-Bresse (Ain). «Mon fils est dyspraxique. Il a des troubles de l'attention, des difficultés à écrire et à dessiner et une extrême fatigue au travail. Mais lorsque j'ai demandé un AVS, on me l'a refusé. Or, mon fils a vraiment besoin d'être épaulé, car il se disperse très vite. Pour palier ce manque d'AVS, l'école lui dispense des cours de soutien tous les lundis. Et sa maîtresse est très attentionnée envers lui. Mais avec 28 élèves dans sa classe, elle ne peut pas faire des miracles. J'ai vraiment peur qu'il prenne du retard», confie la jeune maman.

Un cas qui n'est pas isolé, selon plusieurs associations et syndicats, qui ont tiré la sonnette d'alarme. En Loire-Atlantique, 180 élèves seraient totalement privés d'AVS, en Seine-Saint-Denis ils seraient plus d'une centaine, dans les Pyrénées-Atlantique une trentaine… «La situation semble très tendue cette année, car on reçoit chaque semaine des appels de parents. Certains d'entre eux sont obligés d'arrêter de travailler pour aider leurs enfants ou de se retourner vers l'enseignement privé», explique ainsi Laurence Boué, secrétaire générale adjointe à la FCPE. «La loi de 2005 fixe pourtant le devoir à l'Education nationale d'accueillir les enfants handicapés à l'école. Mais elle ne peut pas l'honorer en raison de ses restrictions budgétaires», déplore Gildas Le Meillat, du collectif 44, une association de parents.

Démarche

Pour obtenir un auxiliaire de vie scolaire (AVS), les parents doivent en faire la demande à une maison départementale des personnes handicapées. En cas de réponse positive, l'inspection académique doit proposer un AVS à l'élève. Or, faute de moyens financiers, elle n'est pas toujours capable de le faire ou d'octroyer le nombre d'heures d'accompagnement prescrites à l'enfant. Des situations qui s'observeraient notamment dans les départements les plus peuplés.