Les européens de moins de 25 ans dans la même galère

CRISE Il n'y a pas qu'en France que les jeunes n'accèdent pas au marché du travail...

Gilles Wallon

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Presque tous les pays d'Europe bataillent avec un taux de chômage élevé, qui affecte d'abord les jeunes. Mais les conséquences, et les réponses politiques, diffèrent souvent.

En Espagne. La situation est particulièrement grave. Le chômage dépasse les 20 %, et atteint même 40 % chez les jeunes. Parfois mariés ou en couple, des centaines de milliers de trentenaires se retrouvent contraints de rentrer chez leurs parents, qui sont parfois, eux aussi, au chômage.

En Allemagne. Elle connaît l'un des taux de chômage les plus bas d'Europe : 6,7 %. «Le pays a fait le choix du temps partiel, du partage du travail», note l'économiste Mathieu Plane. Son système d'apprentissage, très développé, permet à deux jeunes sur trois de passer la moitié du temps en entreprise, l'autre moitié à l'école, pendant trois ans. Mais le système s'essoufle: certaines entreprises ne veulent plus d'apprentis.

En Grande-Bretagne. Les moins de 25 ans connaissent un taux de chômage de près de 8 %. Les mauvaises perspectives ont plombé les embauches, alors que beaucoup de jeunes se sont lourdement endettés pour financer leurs études. Le gouvernement conservateur vient de se lancer dans une profonde réforme du système des aides sociales, ce qui a provoqué la colère des étudiants.

Aux Pays-Bas. Le système éducatif est très tournée vers l'entreprise. Les passerelles sont nombreuses, et le pays bénéficie d'un taux de chômage faible. L'industrie et les services sont les deux secteurs qui recrutent.

En Irlande, la tentation de l'exil

Le phénomène est ancien en Irlande, mais il est remonté à la surface avec la crise des banques. Devant la récente flambée du chômage, et les mesures d'austérité drastiques prises par le gouvernement, de plus en plus de jeunes choisissent l'exil. Premières destinations: l'Australie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.