Mathieu Plane: «La formation reste un atout»

INTERVIEW L'économiste à l'OFCE décrypte les difficultés des jeunes sur le marché de l'emploi...

Propos recueillis par Gilles Wallon

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Pour Mathieu Plane, l'apprentissage et l'alternance sont des « rustines ».
Pour Mathieu Plane, l'apprentissage et l'alternance sont des « rustines ». — DR

Pourquoi les jeunes sont-ils les plus frappés par la crise?
Parce qu'avec leurs emplois précaires, ils sont une variable d'ajustement. La première cause d'inscription au chômage, c'est la fin des CDD ou des intérim, bien loin devant les licenciements économiques. Si l'économie redémarre, ils en profiteront les premiers. Mais la croissance ne reviendra pas en 2011, et sans doute pas en 2012.

L'alternance et l'apprentissage sont-ils des solutions?
Ce sont encore des rustines. Le vrai problème, c'est qu'il n'y a pas d'emplois, pour personne. Prendre des apprentis mécaniciens si Renault ou Peugeot ferment demain, ça ne sert à rien. Les formations demeurent pourtant un atout : 50 % des jeunes non diplômés sont au chômage un an après avoir quitté le système scolaire. Ils sont les victimes d'un phénomène de déclassement : les bac +5 ont des postes de bac +2, qui ont des postes de niveau bac, etc.

Les politiques sont-ils impuissants?
Le traitement social du chômage, via des emplois-jeunes, peut être un moyen de limiter la casse. Mais on ne peut pas pérenniser ce type de contrats. Au final, la flexibilité du travail sera toujours portée par les jeunes.