Les jeunes, premières victimes de la crise

SOCIAL Les syndicats travaillent sur l'intégration des moins de 25 ans, un des grands chantiers de 2011...

Gilles Wallon

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23 % des moins de 25 ans qui sont sur le marché du travail sont au chômage.
23 % des moins de 25 ans qui sont sur le marché du travail sont au chômage. — S. AHMET / SIPA

Un grand tour de table sur l'emploi des jeunes: c'est ce que termine Laurence Parisot, la patronne du Medef, qui rencontre ce vendredi Bernard Thibault, de la CGT, après des entretiens cette semaine avec les leaders de la CFDT et de la CFTC. Objectif: trouver des accords, branche par branche, avec les entreprises, pour favoriser l'insertion des moins de 25 ans, qui restent les plus frappés par la crise. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs indiqué qu'il ferait de ce chantier l'un des grands enjeux de la fin de son quinquennat. Des propositions seront annoncées au 1er trimestre 2011.

«Tout est lié»

Il y a urgence: 23% des moins de 25 ans sur le marché du travail sont au chômage. Soit 8% de la tranche d'âge. Déjà fragile avant la crise, leur situation n'a cessé d'empirer. Les «décrocheurs» du système scolaire sont les plus touchés, mais des questions se posent pour tous: sur leur autonomie, leurs faibles allocations, leurs problèmes de logements. «Tout est lié», explique-t-on au Parti socialiste. «On se retrouve sur le diagnostic», commente Hervé Garnier, chargé du dossier à la CFDT. C'est sur les solutions que les avis divergent.

Pour le gouvernement, la réponse passe par l'apprentissage (lire l'encadré). Pour les syndicats, «il faut travailler à la fois sur l'école, l'acquisition de compétences, et sur l'orientation», par exemple en «anticipant mieux» les secteurs «à fort potentiel», comme celui des services à la personne. Au PS, on souhaite «améliorer le tutorat et la transmission de compétence» pour combattre à la fois le chômage des jeunes et celui des seniors. Un retour des emplois-jeunes serait aussi envisagé en cas de victoire en 2012.

Apprentissage

Changer l'image d'un secteur boudé par les jeunes: d'ici à 2012,ce sera la plus grande tâche de Nadine Morano, la ministre de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle. Nicolas Sarkozy souhaite consacrer 500 millions d'euros du grand emprunt au développement de ces études mixtes, école-entreprise. Objectif: passer de 600.000 apprentis en 2010 à 800. 000 en 2015. Mais cet espoir présidentiel pourrait se heurter à la réalité: de moins en moins d'entreprises acceptent des apprentis. Et ceux-ci vivent parfois dans la précarité. «Il y a des jeunes qui dorment dans leur voiture parce qu'ils ne trouvent pas à se loger près de leur entreprise», rappelle la CFDT. «Il faut leur donner les moyens d'être autonomes financièrement.»