Les femmes occupent des emplois "moins épanouissants" que les hommes

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Les femmes occupent des emplois où le travail semble "moins épanouissant", ont moins souvent des responsabilités hiérarchiques et accèdent plus difficilement à des formations, selon une enquête publiée jeudi par le ministère du Travail.

"Qu'ils soient jeunes ou moins jeunes, qualifiés ou non, les hommes ont plus souvent des postes de responsabilité hiérarchique", à "35%, contre 19%", selon cette étude du service statistique du ministère (Dares) réalisée en 2006 et 2007, à partir d'interviews de salariés du secteur privé, tirés au sort dans les entreprises de plus de 20 personnes.

Certes, les femmes sont désormais plus nombreuses à avoir le statut de cadre mais cela n'implique pas des fonctions "d'encadrement" d'équipes (il existe les fonctions d'expertise). Ainsi, "parmi les cadres, 62% des hommes et 49% des femmes encadrent d'autres salariés".

"Plus l'environnement de l'entreprise est masculin, plus les responsables hiérarchiques sont des hommes" et "même lorsque l'entreprise compte plus de deux-tiers de femmes, les responsables sont des hommes dans 56% des cas".

Les femmes déclarent moins fréquemment que leur métier leur permet d'apprendre des choses nouvelles (68%, contre 75%). Leur travail semble plus monotone (41% disent réaliser des tâches diversifiées, contre 46% pour les hommes). Elles sont 21% (19,5% pour les hommes) à ne jamais avoir bénéficié de formation professionnelle.

Les femmes s'estiment "plus souvent débordées dans leur travail" en particulier quand elles ont de jeunes enfants, sont "moins confiantes dans l’utilité de leur travail", et "moins satisfaites de leur salaire". Elles travaillent plus souvent à temps partiel.

En contrepartie, leurs horaires sont "en moyenne moins contraignants, plus prévisibles", signe du choix de postes conciliables avec les obligations familiales. "Elles dépassent moins souvent les horaires de travail habituels et amènent moins souvent du travail à la maison".

Les hommes sont plus nombreux à signaler "une bonne ambiance" au travail, ils tutoient plus souvent leurs chefs (73%, contre 51%) et participent plus souvent à des réunions de travail (74%, contre 70%).

L'utilisation de l'informatique au travail est plus intense chez les femmes (79%, contre 71%). Les décalages renvoient aussi aux différences de métiers, les femmes étant plus souvent employées dans les services, les hommes plus représentés dans l'industrie.