Taser: Le sans-papiers est décédé d'«une asphyxie aiguë et massive»

ENQUETE Selon les résultats de l'autopsie...

© 2010 AFP

— 

Présentation du Taser X26 à Nice, le 27 mai 2010.
Présentation du Taser X26 à Nice, le 27 mai 2010. — REUTERS/Sebastien Nogier

Le Malien qui avait été neutralisé avec un Taser lors de son interpellation à Colombes (Hauts-de-Seine) est mort mardi d'«une asphyxie aiguë et massive», a annoncé à l'AFP mercredi le parquet de Nanterre. Pour l'heure, «il n'y a pas de cause certaine, unique et absolue du décès», a prévenu une porte-parole du parquet de Nanterre.

Selon des conclusions provisoires de l'autopsie du corps réalisée mercredi, l'homme de 38 ans «est mort d'une asphyxie aiguë et massive par inhalation de gaz puisque du sang a été retrouvé dans ses poumons», a expliqué cette source. Le médecin légiste a également constaté «un coeur dur et contracté, peut-être en lien avec l'utilisation du Taser», mais «ces résultats doivent être complétés par une expertise toxicologique et un examen des organes», selon la porte-parole.

Gaz lacrymognènes et bâton de défense

Le Malien en situation irrégulière est mort dans la nuit de lundi à mardi à Colombes (Hauts-de-Seine) après avoir reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques Taser pendant son interpellation, relançant les interrogations sur cette arme.

Lors de son interpellation, les policiers avaient fait usage de gaz lacrymogènes et d'un bâton de défense sans parvenir à le neutraliser.

Une première en France

Décrit comme particulièrement violent et de forte corpulence par la police, l'homme avait tenté de s'enfuir dans les étages et avait blessé avec un marteau quatre des huit policiers qui le poursuivaient. La police avait alors fait usage du Taser. Les décharges n'auraient pas eu d'effet sur lui selon la police.

C'est la première fois en France qu'une utilisation du Taser semble coïncider avec un décès. L'Inspection générale des services (IGS, «police des polices») a été saisie d'une enquête par le parquet de Nanterre.